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Historique du procès de Guy Turcotte accusé d'avoir tué ses enfants
PREMIÈRE SEMAINE SEMAINE DU PROCÈS - du 18 avril au 22 avril 2011
lundi 18 avril 2011
- (1er jour) -

mardi 19 avril 2011
- (2e jour) -

mercredi 20 avril 2011
- (3e jour) -

jeudi 21 avril 2011
- (4e jour) -

vendredi 22 avril 2011
Info procès
avocats - procureures - juge

Début du procès
reconnaissane de culpabilité - Daniel Fortin SQ

Marguerite Fournier
conversation téléphonique avec son fils Guy

Appel 911
policier Patrick Bigras reçoit appel 911

Bertrand Rochon (ambulancier)
dis à ma femme que je l'aime

Chantal Duhamel (infirmière)
j'ai tué mes enfants

Guylaine Paquin
assistante infirmière chef de l'urgence

Stéphane Gagnon (préposé)
conversation entre Guy Turcotte et le témoin

☑ Vendredi saint - le procès fait relâche
DEUXIÈME SEMAINE SEMAINE DU PROCÈS - du 25 avril au 29 avril 2011
lundi 25 avril 2011
-

mardi 26 avril 2011
- (5e jour) -

mercredi 27 avril 2011
- (6e jour) -

jeudi 28 avril 2011
- (7e jour) -

vendredi 29 avril 2011
- (8e jour) -

☑ Lundi saint - le procès fait relâche
Dre Marie-Pierre Chartrand
ce que j'ai pris - je vais te le dire

Sylvain Harvey (enquêteur SQ)
retrace la journée du 20 février - scène de crime

André Bourgault (pathologiste)
autopsies - description des blessures

François Julien (biologiste)
examen au luminol

Anne-Marie Faucher (toxicologue)
analyse de sang des enfants et de Guy Turcotte

☑ 11h00 AM - ajournement du procès

TROISIÈME SEMAINE SEMAINE DU PROCÈS - du 2 mai au 6 mai 2011
lundi 2 mai 2011
- (9e jour) -

mardi 3 mai 2011
- (10e jour) -

mercredi 4 mai 2011
- (11e jour) -

jeudi 5 mai 2011
- (12e jour) -

vendredi 6 mai 2011
- (13e jour) -

Michel Dufour
(spécialiste informatique SQ)

analyse ordinateur Guy Turcotte -

Patricia Giroux
(ex-conjointe de Martin Huot)

début amitié - découverte des courriels Isabelle/Martin

Marc-Antoine Vachon
(enquêtes technologiques SQ)

présentation d'un document vidéo - vidéo zone de Prévost

Vidéo de Guy Turcotte et ses enfants au club vidéo de Prévost
Martin Nolet (agent d'immeuble)
projet acheter nouvelle maison - message sur répondeur

Enr. du message de Guy Turcotte
(répondeur de Martin Nolet)

Johanne Leclerc
(gardienne des enfants Turcotte)

mes plans ont changé

Martin Huot
(ex-copain de Isabelle Gaston)

relation avec Isabelle Gaston - coup de poing de Guy Turcotte

Carole Lachance
(educatrice en garderie)

conversation avec Guy deux mois après le drame

Patrick Gaston
(frère de Isabelle Gaston)

tu devrais plaider coupable

Isabelle Gaston
(ex-conjointe de Guy Turcotte)

relation orageuse - pornographie gaie - infidélité - changement des serrures - conversation avec Guy Turcotte trois mois après le drame

Luc Tanguay
(coach de vie Isabelle/Guy)

rencontre avec Guy Turcotte 15 jours après le drame -

QUATRIÈME SEMAINE SEMAINE DU PROCÈS - du 9 mai au 13 mai 2011
lundi 9 mai 2011
- (14e jour) -

mardi 10 mai 2011
- (15e jour) -

mercredi 11 mai 2011
- (16e jour) -

jeudi 12 mai 2011
- (17e jour) -

vendredi 13 mai 2011
- (18e jour) -

Me Pierre Poupart
s'adresse aux jury

éviter la vindicte populaire

Marguerite Fournier
(mère de l'accusé)

dépots de photos de Guy et enfants

Gilles Turcotte (frère de l'accusé)

Guy Turcotte (l'accusé) 1ère partie
enfance - rencontre avec Isabelle - disputes -

Guy Turcotte (l'accusé) 2e partie
naissance enfants - disputes récurentes - voyage cancun - les hirondelles -

Guy Turcotte (l'accusé) 3e partie
séparation - carnaval Qc. - assaut sur Martin - tu veux la guerre -

Guy Turcotte (l'accusé) 4e partie
20 fév. - courriels Isabelle/Martin - les meurtres - juré exclu

Me Claudia Carbonneau - contre-interrogatoire de Guy Turcotte
- 1ère partie

vie personnelle - état d'esprit - colère où déprimé - incident lave-glace et Anne-Sophie - début du contre-interrogatoire

CINQUIÈME SEMAINE SEMAINE DU PROCÈS - du 16 mai au 20 mai 2011
lundi 16 mai 2011
- (19e jour) -

mardi 17 mai 2011
- (20e jour) -

mercredi 18 mai 2011
- (21e jour) -

jeudi 19 mai 2011
- (22e jour) -

vendredi 20 mai 2011
- (23e jour) -

Me Claudia Carbonneau - contre-interrogatoire de Guy Turcotte
- 2e partie

orientation sexuelle - en colère et frustré -

Me Claudia Carbonneau - contre-interrogatoire de Guy Turcotte
- 3e partie

le coucher des enfants - les courriels et la colère - tentative de suicide - objection

Procès ajourné jusqu'à demain 10h00
discussion de points de droit

Me Claudia Carbonneau - contre-interrogatoire de Guy Turcotte
- 4e partie

hospitalisation - assurance-vie - REER- la liste -

Témoignage du pharmacologue Louis Léonard
- première partie

les effets du méthanol -

SIXIÈME SEMAINE DU PROCÈS - du 23 au 27 mai 2011
lundi 23 mai 2011
mardi 24 mai 2011
- (24e jour) -

mercredi 25 mai 2011
- (25e jour) -

jeudi 26 mai 2011
- (26e jour) -

vendredi 27 mai 2011
- (27e jour) -

☑ Journée nationale des Patriotes - le procès fait relâche

Louis Léonard
pharmacologue
- 2e partie

élimination du méthanol

Louis Léonard
pharmacologue
- 3e partie

contre-interrogatoire de Louis Léonard - ingestion versus temps - échantillons sanguins
(+) une pharmacienne

Dominique Bourget
psychiatre
- 1ère partie

témoin de la défense

Dominique Bourget
psychiatre
- 2e partie

témoin de la défense - diagnostic de la psychiatre -

Dominique Bourget
psychiatre
- 3e partie

conclusion de la 'PsY' -

SEPTIÈME SEMAINE DU PROCÈS - du 30 mai au 3 juin 2011
lundi 30 mai 2011
- (28e jour) -

mardi 31 mai 2011
- (29e jour) -

mercredi 1er juin 2011
- (30e jour) -

jeudi 2 juin 2011
- (31e jour) -

vendredi 3 juin 2011

Dominique Bourget
psychiatre
- 4e partie

fin de la conclusion de la 'PsY' - début du contre-interrogatoire de Dominique Bourget

Dominique Bourget
psychiatre
- 5e partie

deuxième journée du contre-interrogatoire de Dominique Bourget

Roch-Hugo Bouchard
psychiatre
témoin de la défense - rapport d'évaluation de Guy Turcotte - première partie

Roch-Hugo Bouchard
psychiatre
deuxième partie - rapport d'évaluation de Guy Turcotte - échelle MADRS - une shot de méthanol pour le PsY -
Début du contre-interrogatoire du psychiatre Roch-Hugo Bouchard

☑ Le procès fait relâche - il reprendra lundi avec la suite du contre-interrogatoire du phychiatre Roch-Hugo Bouchard
HUITIÈME SEMAINE DU PROCÈS - du 6 juin au 10 juin 2011
lundi 6 juin 2011
- (32e jour) -

mardi 7 juin 2011
- (33e jour) -

mercredi 8 juin 2011
- (34e jour) -

jeudi 9 juin 2011
- (35e jour) -

vendredi 10 juin 2011
- (36e jour) -

contre-interrogatoire du psychiatre Roch-Hugo Bouchard
deuxième partie - comparaison avec l'affaire Jacques Senez (1997) -
(+) une infirmière
(+) une planificatrice financière

témoignage du psychiatre Jacques Talbot
témoin de la couronne -
des traits de narcissisme - sentiment de fin de vie - colère contre Isabelle Gaston -


témoignage du psychiatre Sylvain Faucher -
témoin de la couronne - première partie
G. Turcotte savait ce qu'il faisait - conscient du temps et de son environnement - la colère de G. Turcotte

début du contre interrogatoire du psychiatre Sylvain Faucher -
témoin de la couronne - première partie du contre interrogatoire
les erreurs passés du psychiatre Sylvain Faucher -
suite du contre interrogatoire du psychiatre Sylvain Faucher -
témoin de la couronne - deuxième partie du contre interrogatoire
l'affaire Marshall - évaluation erronée de G. Turcotte -

suite du contre interrogatoire du psychiatre Sylvain Faucher -
témoin de la couronne - troisième partie du contre interrogatoire
l'affaire Dany Robert - malade en maudit -

NEUVIÈME SEMAINE DU PROCÈS - du 13 juin au 17 juin 2011
☑ Semaine consacrée à la préparation des plaidoiries - qui débuteront le 20 juin 2011 -

DIXIÈME SEMAINE DU PROCÈS - du 20 juin au 24 juin 2011
lundi 20 juin 2011
- (37e jour) -

mardi 21 juin 2011
- (38e jour) -

mercredi 22 juin 2011
- (39e jour) -

jeudi 23 juin 2011
- (40e jour) -

vendredi 24 juin 2011

début des plaidoiries de la défense -
Me Pierre Poupart - première partie
- mise en garde au jury - les grandes lignes de la défense

plaidoiries de la défense -
Me Pierre Poupart - deuxième partie
- Isabelle Gaston quitte la salle d'audience - G. Turcotte pas un tueur de sang-froid

plaidoiries de la défense -
Me Pierre Poupart - troisième partie
Isabelle Gaston est de retour - histoire d'une relation manquée - la raison du pourquoi - Guy Turcotte est out - préméditation - le PsY Faucher est une aberration - le juge fixe quatre possibilités de verdict - horaire du procès réaménagé

plaidoiries de la défense -
Me Pierre Poupart - quatrième partie
- les évaluations des trois psychiatres - la crédibilité du Dr Sylvain Faucher - fin de la plaidoirie de la défense

☑ Fête nationale du Québec - le procès fait relâche
ONZIÈME SEMAINE DU PROCÈS - du 27 juin au 1er juillet 2011
lundi 27 juin 2011

mardi 28 juin 2011

mercredi 29 juin 2011
- (41e jour) -

jeudi 30 juin 2011
- (42e jour) -

Fin du procès
☑ Le procès fait relâche en raison d'empêchements de membres du jury
☑ Le procès fait relâche en raison d'empêchements de membres du jury
plaidoiries de la couronne -
Me Claudia Carbonneau
- avis aux jurés - fin de la plaidoirie de la couronne

directives du juge Marc David au jury - 1ère et deuxième partie
le juge explique les 4 possibilités de sentence -
☑ 11h07 séquestration des jurés
le juge leur a expliqué qu'ils doivent arriver à un verdict unanime -
Calendrier des délibérations

Sentence

Sondage

Épilogue










ANNÉE 2011
jeudi 14 avril
    Le jury au procès de Guy Turcotte sera formé de cinq hommes et sept femmes.
  • - Le docteur Guy Turcotte (38 ans « - né le 21 avril 1972 - ») - cardiologue de formation - sera accusé d'avoir tué ses deux enfants - Olivier âgé de 5 ans et Anne-Sophie âgée de 3 ans - le 21 février 2009 dans la résidence qu'il louait à Piedmont dans les Laurentides.

  • - Il fera face à deux accusations de meurtre au premier degré et il a plaidé non coupable.
    Guy Turcotte reconnaît qu'il a tué ses deux enfants mais plaide que derrière ses gestes, il n'y avait pas d'intention criminelle en raison de son état mental.

  • Pourquoi le Dr Guy Turcotte n’est pas accusé d’infanticides, mais du meurtre de ses deux enfants.
  • - Guy Turcotte sera défendu par les avocats Me Guy Poupart et Me Pierre Poupart.

  • - Les procureures de la couronne seront Me Claudia Carbonneau et Me Marie-Nathalie Tremblay.

  • - 146 candidats avaient été retenus pour être jury.

  • - C'est le juge Marc David qui présidera ce procès qui se mettra en branle le 18 avril 2011.

  • - Le procès doit durer de six à huit semaines.

  • - Environ trente personnes seront appelées à témoigner. - Dont l'ex épouse de Guy Turcotte

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Première semaine du procès de Guy Turcotte

lundi 18 avril 2011 -
Début du procès de Guy Turcotte accusé d'avoir tué ses deux enfants.
  • - En ouverture il a admis avoir tué le 21 février 2009 ses enfants Olivier et Anne-Sophie.

  • - Cette question sur l'état d'esprit de l'accusé risque d'être l'un des éléments déterminants de l'issue de ce procès.

  • - La procureure de la couronne Me Claudia Carbonneau a parlé d'une scène de crime qui dépasse l'entendement.

  • - Le premier témoin appelé à la barre fut Daniel Fortin - technicien en scènes de crime de la SQ - qui a présenté un album contenant 157 photos prises sur les lieux.


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  • - mardi 19 avril 2011 -
    Témoignage de Marguerite Fournier ( 65 ans )
    - mère de Guy Turcotte

    Madame Fournier est la dernière personne à avoir parlé à Guy Turcotte avant que celui-ci assassine ses enfants.
    Mme Fournier a téléphoné chez son fils Guy vers 20h00. - le vendredi 20 février 2009 - Le téléphone a été décroché, mais on a raccroché sans parler.
    Une quinzaine de minutes plus tard, son fils l'a rappelé.
    Ils ont parlé environ une heure et lorsqu'elle a baillé - Guy Turcotte a mis fin à la conversation et ils ont raccroché. Marguerite Fournier a regardé sa montre et il était 21h40.
    « Guy avait l’habitude de me démontrer de la tendresse, de m’embrasser. Mais c’était la première fois que je l’entendais dire maman, je t’aime. Et il ne le disait pas sur son ton habituel. Il n’articulait pas comme d’habitude, comme s’il avait pleuré ou s’il était en boisson »
    Marguerite Fournier
    « Ça me bouleversait. J’avais entendu quelque part que quelqu’un qui veut en finir avec la vie veut dire à ses proches qu’il les aime juste avant »
    Marguerite Fournier
    « Mon fils me semblait comme dans un autre monde et j'avais de la difficulté à maintenir la conversation. »
    Marguerite Fournier
    Madame Fournier dit qu'elle croyait que son fils avait appris que son ex-conjointe Isabelle Gaston avait un amant et elle craignait qu'il ne tente de se suicider.

    Marguerite Fournier a fait part à son conjoint de son inquiétude et elle voulait se rendre à Piedmont sur-le-champ. Son mari lui a répondu ; « Il a pris un coup, on verra bien demain. »
    Le lendemain matin - samedi 21 février 2009 - vers 8h30, Mme Fournier a téléphoné chez son fils. Il n'y avait pas de réponse.
    Très inquiète, elle a demandé à son mari d'aller à la résidence de son fils Guy à Piedmont. - Madame Fournier demeure à St-Hubert sur la rive-sud de Montréal -
    Ils sont arrivés à la maison de Guy Turcotte à Piedmont vers 10h45. La voiture de leur fils était là. Il n'y avait pas de traces dans la neige. La porte était verrouillée et il n'y avait aucun signe de vie.
    Certaine qu'il était arrivé quelque chose de dramatique elle a appelé le 9-1-1.

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    mardi 19 avril 2011 -
    Témoignage de Patrick Bigras :

    - policier à la Régie de police de la Rive-Nord

    C'est le policier Patrick Bigras qui a reçu l'appel du 911 à 11h06 le matin du 21 février et il fut le premier policier à se rendre à la résidence de Guy Turcotte à Piedmont.
    Appel 911 de Marguerite Fournier
    MP3 de 3 minutes et 58 secondes écouter

    À l'extérieur de la maison il a parlé avec les parents de Guy Turcotte, qui lui ont résumé la situation.
    Après avoir fait le tour de la maison où tout était verrouillé il a brisé le loquet d'une fenêtre pour entrer. En entrant, il a crié: « Police, police! »
    « J'ai entendu beding, bedang! - le bruit venait de l'étage. »
    Patrick Bigras
    Il a ensuite ouvert la porte à son collègue Marc-Antoine Bigué qui venait d'arriver.
    Patrick Bigras a demandé aux parents le nom de leur fils.
    Les deux policiers ont dégainé leurs armes et sont montés à l'étage tout en répétant : « Police, police! »
    « Guy, on est là pour t'aider. C'est la police, tes parents sont inquiets. »
    Marc-Antoine Bigué
    « En arrivant en haut de l'escalier j'ai vu du sang sur le cadrage d'une porte de la salle de bain. J'ai ensuite jeté un coup d'oeil dans une chambre et j'ai vu un petit garçon couché sur un lit, torse nu, avec plusieurs blessures ouvertes à l'abdomen. J'ai vu que les tripes sortaient. »
    Patrick Bigras
    Les agents Bigras et Bigué ont ensuite trouvé une petite fille dans une autre chambre dans le même état.
    Les deux enfants avaient le teint pâle, la rigidité cadavérique, et il y avait du sang partout.
    Lorsque les policiers ont découvert les enfants morts, il était environ 11h20 le matin du samedi 21 février 2009.
    Patrick Bigras est allé voir dans une salle de bains. Il y avait du sang dans la cuvette.
    Ils se sont rendus à la chambre des maîtres. Il n'y avait personne, mais ça sentait le vomi.
    Ils ont ensuite eu l'idée de regarder sous le lit. Il y avait un adulte étendu, torse nu, les bras le long du corps avec de l'écume autour de la bouche et avec le pantalon baissé aux genoux.
    L'agent Bigras a demandé à Guy Turcotte s'il y avait quelqu'un d'autre dans la maison.
    « Laissez-moi tranquille, allez-vous-en. »
    Guy Turcotte
    L'agent Bigué a demandé à Guy Turcotte ce qu'il avait pris.
    « Des valium. Va-t'en, je veux mourir. »
    Guy Turcotte
    L’agent Patrick Bigras a traité Guy Turcotte d’imbécile avant de le placer en état d’arrestation.
    « Tu es un imbécile et tu es en état d’arrestation pour double meurtre. Tu as le droit au silence et à un avocat. »
    Patrick Bigras
    « Je sais. »
    Guy Turcotte

    ☑ Lors du contre-interrogatoire du policier Patrick Bigras, l'avocat de Guy Turcotte Me Guy Poupart a voulu savoir pourquoi il n'avait pas écrit les premières paroles qu'il avait dites à Guy Turcotte (« Tu es un imbécile ») dans ses rapports ce jour-là.
    Patrick Bigras a reconnu ce fait et a dit qu'il avait l'intention d'en parler au procès. Il a reconnu que faire ce genre de commentaire lors d'une intervention n'est pas une attitude qu'on enseigne à l'école de police. Il a mis cela sur le compte du stress du moment.
    Lors des événements Patrick Bigras était policier à la Régie de police de la Rive-Nord - aujourd'hui ( 2011 ) il est policier à la SQ -

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  • - mercredi 20 avril 2011 -
    Témoignage de Bertrand Rochon
    premier ambulancier arrivé sur les lieux

    Bertrand Rochon et son collègue ont reçu un appel du répartiteur vers 11h28 - le 21 février 2009 - concernant des personnes en arrêt cardio-respiratoire.
    Arrivée sur les lieux Bertrand Rochon s'est dirigé vers la chambre du petit Olivier.
    « J'ai vu un petit garçon couché sur le dos dans un mare de sang au milieu du lit. Il avait été poignardé à plusieurs reprises à l'abdomen. Il n'avait plus de pouls, plus de respiration et avait la mâchoire rigide. »
    Bertrand Rochon
    Son collègue a fait le même constat dans la chambre de la petite Anne-Sophie.
    Les deux hommes se sont rendu dans la chambre des maîtres où se trouvait Guy Turcotte qui était en sous-vêtements.
    L'homme était conscient et répondait aux questions des policiers.
    « J’ai voulu vérifier sa pression et son niveau de saturation. Il m’a dit qu’il était médecin et qu’il savait ce que c’était. »
    Bertrand Rochon

    ☑ Sa pression était de 135 sur 70 et son taux d'oxygénation était à 99%
    Bertrand Rochon lui a alors demandé ce qu'il avait ingéré.
    Il lui a répondu avoir pris des Tylenols sans pouvoir chiffrer le nombre.
    Pendant que Bertrand Rochon lui prodiguait les premiers soins Guy Turcotte a dit « Je sais ce que j'ai fait. »
    M. Rochon lui a demandé son nom et sa date de naissance - Guy Turcotte a répondu Isabelle BolducC'est bien Isabelle Bolduc que Guy Turcotte a dit née le 11 novembre 1970. - Bertrand Rochon a trouvé cela étrange et il l'a noté -
    Durant son transport en ambulance vers l'hôpital de l’Hôtel-Dieu de Saint-Jérôme - où était présente une policière chargée de surveiller Guy Turcotte qui avait été placé en état d’arrestation - Guy Turcotte se serait à nouveau accusé du double meurtre.
    « J’ai fait ça ce matin et dis à ma femme que je l'aime. »
    Guy Turcotte

    ☑ Conscience altérée ;
    Me Poupart questionne Bertrand Rochon ;

    Me Poupart ; Vous êtes formés pour détecter une personne dont la conscience est altérée ?
    Bertrand Rochon : Oui
    Me Poupart ; Diriez-vous que presque tous les signes d’une conscience altérée ont été observés chez M. Turcotte ?
    Bertrand Rochon : Exact, le patient avait un tonus mou et flasque, la tête par en avant comme s’il voulait dormir et en plus de nombreux autres signes de défaillance.
    -

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  • - jeudi 21 avril 2011 -
    Témoignage de Chantal Duhamel
    - - infirmière à l'hôpital de Saint-Jérôme -

    Lors de son arrivée à l'urgence de l'hôpital de Saint-Jérôme - c'est dans cet hôpital que Guy Turcotte et Isabelle Gaston travaillaient - Guy Turcotte répétait « Je m'appelle Isabelle Gaston, je m'appelle Isabelle Gaston. »
    L'infirmière Chantal Duhamel a tenté de lui prodiguer les soins de circonstances et de lui installer un soluté. Guy Turcotte a refusé.
    « Laissez-moi tranquille, j’ai le droit de refuser des soins, je suis un criminel, ne me soignez pas. Laissez-moi mourir, je suis un criminel »
    Guy Turcotte
    Guy Turcotte se débattait tellement que le personnel hospitalier a dû le contentionné aux poignets.
    Il disait en pleurant
    « J'ai tué mes enfants, je suis un criminel, laissez-moi mourir. »
    Guy Turcotte
    « J'ai tué mes enfants parce je ne voulais pas qu’ils souffrent de la séparation. »
    Guy Turcotte
    « J'aimais Isabelle - Gaston - comme un fou, je lui ai tout donné et je ne comprend pas pourquoi elle est partie »
    Guy Turcotte










    jeudi 21 avril 2011 -
    Témoignage de Guylaine Paquin
    - assistante infirmière chef de l’urgence -

    « J’ai demandé que le dossier soit ouvert sans nom de patient, comme quand on reçoit quelqu’un qui n’a pas ses pièces d’identité »
    Guylaine Paquin
    ☑ Lorsque je me suis rendu au chevet de Guy Turcotte, il m'a pris la main très fort et m'a dit ;
    « Si tu savais ce qu’elle m’a fait endurer! Elle avait tout ce qu’elle voulait, elle faisait ce qu’elle voulait, voyageait comme elle voulait. »
    Guylaine Paquin
    Après avoir parlé avec une autre infirmière - Josée Guillemette - qui s’est occupée de Turcotte, Guylaine Paquin dit avoir dû demander au préposé aux bénéficiaires Stéphane Gagnon de cesser de poser des questions à Guy Turcotte, estimant qu’il lui faisait littéralement subir un interrogatoire, en présence d’une policière.
    La policière n’aurait posé aucune question, mais prenait des notes.

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    jeudi 21 avril 2011 -
    Témoignage de Stéphane Gagnon
    - préposé aux bénéficiaires -


    M. Gagnon se tient aux côtés de Guy Turcotte et lui pose plusieurs questions;
    S.Gagnon : Qu'est-ce qui est arrivé?
    G.Turcotte : J'ai tué mes enfants.
    S.Gagnon : Comment t'as fait ça?
    G.Turcotte : Avec un couteau.
    S.Gagnon : Quand?
    G.Turcotte : Hier soir, à 8 heures.
    -

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    Deuxième semaine du procès de Guy Turcotte

  • - mardi 26 avril 2011 -
    Témoignage du Dre Marie-Pierre Chartrand
    - médecin à l'urgence de l'Hôtel-Dieu de Saint-Jérôme -

    La Dre Chartrand était de garde à l'urgence de l'Hôtel-Dieu de Saint-Jérôme le 21 février 2009 quand elle a appris qu'un homme intoxiqué soupçonné d'avoir tué ses enfants s'en venait en ambulance à l'urgence.
    Elle lui a demandé ce qu'il avait pris et Guy Turcotte a répondu des Tylenols - et quand la Dre Chartrand est retourné voir M. Turcotte pour lui dire qu'il n'y avait aucune trace de Tylenol - Guy Turcotte a dit ;
    « Je vais te le dire ( - ce que j'ai pris - ) si tu me donnes mes résultats. »
    Guy Turcotte

    Elle lui a donc donné ses résultats - à la vue des résultats ( - un pH un peu bas - ) Guy Turcotte s'est mis à pleurer et il a avoué qu'il avait bu deux litres de lave-glace. - La veille vers 20 heures. -
    Vers 15 heures, la Dre Chartrand a prescrit un traitement à l'éthanol ( - alcool pur dilué dans une perfusion - ) pour aider à neutraliser l'effet néfaste du méthanol du lave-glace.
    Après ce traitement à l'acool pur, Guy Turcotte devient comme ivre, il parle et crie très fort.

    Guy Turcotte est transféré dans un hôpital de Montréal
    Chantal Duhamel a passé presque tout l’après-midi - du 21 février 2009 - avec Guy Turcotte, et l’a accompagné - vers 19h00 - en ambulance jusqu’à l’hôpital du Sacré-Cœur à Montréal.
    Il y a été transféré notamment parce que la situation était hautement délicate, alors qu’il était traité par ses collègues de travail.

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  • - mercredi 27 avril 2011 -
    Témoignage de Sylvain Harvey
    - enquêteur de la Sûreté du Québec Sylvain Harvey
    Sylvain Harvey a retracé la journée de Guy Turcotte -
    Guy Turcotte a loué des films d'enfants et effectué un achat au Vidéotron de Prévost - des DVD pour enfants de Caillou et Winnie - à 16h39 le 20 février 2009 - peu de temps avant de tuer ses enfants. -
    L'enquêteur a expliqué en détail la scène de crime aux jurés - à l'aide de photos et de pièces à conviction - dont deux long couteaux - l'un des couteaux a été retrouvé sur le lit de Olivier et l'autre sur le bord du bain.

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  • - mercredi 27 avril 2011 -
    Témoignage de André Bougault
    - pathologiste
    - - rapport sur la mort de Olivier et Anne-Sophie Turcotte -

    Les autopsies - effectuées deux jours après le drame - ont révélé 27 plaies sur le corps de Olivier et 19 sur le corps de Anne-Sophie.
    Les blessures ont été causées par un objet piquant - vraisemblablement un couteau. -
    Olivier avaient 27 plaies - 16 se situaient à l'avant et 4 à l'arrière - la majorité de ces plaies se trouvaient à l'abdomen, ainsi qu'au dos, mais il avait aussi 7 plaies aux mains et aux poignets signe qu'il a essayé de se défendre. -
    Certaines des blessures ont touché le foie de Olivier Turcotte et au moins une a touché un rein.
    À l'écoute de ce témoignage Guy Turcotte a fondu en larmes.
    Le pathalogiste n'a pas été en mesure de déterminer l'heure du décès.

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  • - mercredi 27 avril 2011 -
    Témoignage de François Julien
    - biologiste

    L'examen au luminol - une subtance qui fait apparaître des traces de sang invisibles à l’œil nu - a révélé que le garçon avait été traîné d’un endroit à l’autre dans son lit pendant que son père l’attaquait.

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  • - jeudi 28 avril 2011 -
    Témoignage de Anne-Marie Faucher :
    - toxicologue

    Mme Faucher a fait les analyses de sang de Guy Turcotte - ainsi que des prélèvements provenant des corps de ses enfants.
    Les enfants n'avaient pas été drogués avant leur mort.
    La quantité de lave-glace qu'avait ingurgité Guy Turcotte était telle qu'il serait mort s'il n'avait pas reçu de soins médicaux - mais la mort aurait été longue à venir. -
    Il est impossible de déterminer la quantité de lave-glace que Guy Turcotte a ingurgité.
    Le bidon dans lequel il a bu a été retrouvé dans la salle de bain et il restait encore environ un sixième de son contenu.
    L’échantillon sanguin de l’accusé que Anne-Marie Faucher a eu à analyser révélait la présence de 310 milligrammes de méthanol pour 100 millilitres de sang.
    -

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  • - vendredi 29 avril 2011 -
    Peu après 11h00 le procès de Guy Turcotte a été ajourné jusqu'à lundi
    - les jurés ont été sommés de se présenter au palais de justice lundi matin à l'heure habituelle - -











  • Troisième semaine du procès de Guy Turcotte

  • - lundi 2 mai 2011 -
    Témoignage de Michel Dufour
    - policier de la SQ -
    M. Dufour est spécialiste en récupération de données informatiques et il a analysé le contenu de l'ordinateur portable de Guy Turcotte la journée qui a couté la vie à ses deux enfants.
      activité sur le portable de Guy Turcotte
    • - de 18h27 à 18h31 lecture des courriels que se sont échangés Isabelle Gaston et Martin Huot
    • - de 18h31 à 18h55 il n'y a eu aucune activité sur l'ordinateur
    • - de 18h55 à 19h43 il fait des recherches sur les moyens de se suicider sans douleur en utilisant les mots clefs « suicide mode d’emploi » - « comment se donner la mort sans douleur » ou « comment se suicider » il a fait aussi des recherches sur les effets du méthanol et de l'éthylène glycol
    • - de 19h43 à 20h09 il relit les messages que se sont échangés Isabelle Gaston et Martin Huot - ces messages avaient été écrits entre le 20 et le 27 janvier 2009 -

    Extraits des courriels :
    Je t'aime, quand je suis insécure tu n'as qu'à me rassurer... un sourire, une caresse et je serai guéri, j'aime tellement passer la nuit à tes côtés. J'espère que AS ( - Anne-Sophie - ) n'a pas posé de questions quand je suis parti. La prochaine fois, pas de manteau dans le garde-robe, trop bruyant.

    L'ordinateur entrouvert a été trouvé sur la table de la cuisine. - Le mot de passe était Olivier. -


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  • - lundi 2 mai 2011 -
    Témoignage de Patricia Giroux
    - ex-conjointe de Martin Huot -
    Le couple Martin Huot et Patricia Giroux étaient les entraîneurs du couple Guy Turcotte et Isabelle Gaston depuis 2008. Et au fil du temps ils sont devenus amis.
    Soupçonnant quelque chose entre Martin et Isabelle Patricia Giroux décida de jeter un oeil dans les courriels de son conjoint Martin Huot et c'est là qu'elle a découvert des messages d'amour démontrant que Martin et Isabelle entretenaient une liaison.
    « J'ai eu le choc de ma vie... Ils avaient des rendez-vous en cachette pendant que moi et Guy on travaillait. »
    Patricia Giroux

    Cinq semaines avant de tuer ses enfants - Guy Turcotte a appris de Patricia Giroux que sa conjointe Isabelle Gaston le trompait avec Martin Huot.
    « Je lui ai dit: - Tu fais ce que tu veux, mais moi, je quitte Martin. »
    Patricia Giroux

    C'est le 15 janvier 2009 qu'elle a montré les courriels à Guy Turcotte. C'était deux jours avant que M. Turcotte, Mme Gaston et leurs deux enfants ne s'envolent pour une semaine de vacances à Cancún. ( - Du 17 au 24 janvier 2009. -
    Guy Turcotte a mal encaissé le fait d'avoir été trompé par sa conjointe et il était un homme démoli.
    Le dimanche 18 janvier 2009 Mme Giroux a annoncé à son conjoint qu'elle le quittait. Guy Turcotte a fait de même avec Isabelle Gaston à leur retour du Mexique.
    Lorsque les enquêteurs de la SQ l'ont appellé pour lui parler d'un double meurtre, Patricia Giroux a tout de suite pensé que les victimes étaient Martin Huot et Isabelle Gaston.

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  • - lundi 2 mai 2011 -
    Témoignage de Marc-Antoine Vachon
    - policier de la SQ specialisé dans les enquêtes technologiques -
    Un document vidéo a été présenté au jury, il s'agit d'une vidéo de caméra de surveillance montrant Guy Turcotte et ses deux enfants au Vidéo Zone de Prévost, - vers 16h30 - la journée du drame. Guy Turcotte achète des croustilles et des vidéos. - Winnie et Caillou - Ce sont les dernières images des enfants en vie. -


yves isabelle . com
. « Guy Turcotte au club video de Prévost
»

« »

.

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  • - mardi 3 mai 2011 -
    Témoignage de Martin Nolet
    - agent d'immeuble -
    M. Nolet a raconté les discussions et rencontres qu'il avait eu avec Guy Turcotte - dans la semaine précédant le crime - en vue d'acheter une nouvelle maison.
    On a ensuite fait entendre aux jurés le message que Guy Turcotte lui a laissé - vers 20 h 27 - le 20 février 2009. - Trois minutes avant de téléphoner à la gardienne Johanne Leclerc. -

    Enregistrement du message que Guy Turcotte a laissé sur le répondeur de Martin Nolet

    durée de 0,20 secondes écouter

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  • - mardi 3 mai 2011 -
    Témoignage de Johanne Leclerc
    - la gardienne des enfants -
    Guy Turcotte lui aurait dit - vers 20h30 - la journée du drame.
    « Mes plans ont changé. Je n'aurai plus besoin de vous. »
    pour ensuite raccrocher promptement. Mme Leclerc et sa fille Frédérique - 15 ans à l'époque - devait garder chez elle Olivier et Anne-Sophie de midi à 15h00 le 21 février 2009 - le lendemain du drame - le temps que Guy Turcotte se rende faire l'inspection de la maison qu'il était en voie d'acheter.
    -

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  • - mercredi 4 mai 2011 -
    Témoignage de Martin Huot
    - ex de Patricia Giroux et nouveau copain de Isabelle Gaston -
    À propos de sa relation avec Isabelle Gaston ;
    « On avait beaucoup d'affinités, une bonne complicité, on se parlait beaucoup. »

    Martin Huot a raconté qu'au début, il a essayé de repousser l'amour de Isabelle Gaston, car il ne voulait être celui qui briserait la famille du couple. Mais la passion entre les deux a été le plus fort.
    À partir d'octobre 2008 - ils ont entrepris une véritable liaison - - en cachette de leurs conjoints respectifs. -
    Dès que Guy Turcotte a quitté le domicile familiale pour aller habité à Piedmont, Martin Huot a commencé à venir coucher régulièrement au domicile familial - que Isabelle Gaston avait conservé. -
    Le 10 février 2009 vers 6h45 du matin Guy Turcotte - venu chercher un vêtement pour un de ses enfants. - a trouvé Martin Huot dans la cuisine du domicile familial de Prévost et il était tellement en colère qu'il a frappé Martin Huot au visage qui ne réplique pas.
    « Je me suis dit qu'il avait des frustrations à sortir »
    Martin Huot
    s'adressant à Martin Huot :
    « Tu m'as volé ma femme, tu m'as volé mes enfants. T'es un criss d'hypocrite. Tu disais que t'étais mon ami. »
    Guy Turcotte
    -

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  • - mercredi 4 mai 2011 -
    Témoignage de Carole Lachance
    - éducatrice en garderie qui avait gardé Olivier et Anne-Sophie pendant plusieurs années -

    Alors qu'il était détenu Guy Turcotte a téléphoné à la gardienne en avril 2009 - environ deux mois après le drame. -
    « Il voulait s’excuser de la peine qu’il m’avait faite. Il savait que j’aimais beaucoup les enfants. »
    Carole Lachance
    « Il m’a raconté que cette soirée là, il était assis dans le salon et pleurait. Il m’a dit Olivier est venu le voir et a mis ses bras autour de son cou. Il a dit je t’aime papa. J’aurais dû aller me coucher avec eux. »
    Interrogée par Me Guy Poupart - un des avocats de Guy Turcotte - madame Lachance a indiqué que Guy Turcotte était un père de famille attentionné et aimant.
    « Je le respectait, et je le respecte encore. C’est un homme bon »
    Carole Lachance
    Il lui aurait aussi dit qu'il avait été malheureux pendant les dix dernières années de sa vie et avoir - deux ans avant de tuer ses enfants et tenté de se suicider - songé à monter un « scénario semblable ».

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  • - mercredi 4 mai 2011 -
    Témoignage de Patrick Gaston
    - frère d'Isabelle Gaston et ami de Guy Turcotte -

    Environ en avril 2009 - Patrick Gaston a reçu un appel de Guy Turcotte - qui voulait s’excuser de la peine qu’il lui avait causé en tuant ses enfants. -
    « Je pensais que j’avais mal avant, mais là j’ai vraiment mal. Tu sais, les enfants, étaient les deux seuls qui m’aimaient. »
    Guy Turcotte
    « Qu’est-ce que t’as fait ? - Tu as vraiment mis Isabelle (Gaston) dans le pétrin. Tu devrais tout lui donner. Tu devrais plaider coupable. »
    Patrick Gaston
    Puis Guy Turcotte à aborder le sujet du partage du patrimoine et il aurait indiqué qu’il tenait à ne pas à partager également les avoirs de l’ancien couple.
    « J’ai besoin de mes quatre avocats. - un pour sa cause criminelle - un pour son divorce - un pour récupérer ses affaires dans la maison de Piedmont et un pour sa démission au Collège des médecins - Après ça, même avec 50 %, elle sera dans la rue. »
    Guy Turcotte

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  • - jeudi 5 mai 2011 -
    Témoignage de Isabelle Gaston
    - ex-conjointe de Guy Turcotte et mère des deux enfants tués -

    Lorsque Guy Turcotte est entré dans le box des accusés. Les deux anciens amoureux ont fondu instantanément en larmes.
    Elle a dit aux jurés que Guy Turcotte et elle se chicanaient tout le temps - leur relation était orageuse depuis une dizaine d'années -. Il n'y avait ni communication ni tendresse entre les conjoints.
    « On s'est toujours chicané - je chiâlait et lui il faisait la baboune. »
    Isabelle Gaston
    En 2001- - lorsqu'elle lui avait annoncé son départ - Guy Turcotte l'avait poussé violemment au mur et lui avait donné une claque.
    En 2007, le couple avait envisagé une séparation et Guy avait commencé à chercher une maison dans la région de Piedmont. Mais il n'a jamais donné suite à ce projet.
    « J’ai vu Guy pleurer pour une rare fois. Il s’est effondré dans mes bras et il m'a dit je ne serai pas capable sans toi. »
    Isabelle Gaston
    Vers la fin 2007 - Isabelle Gaston avait commencé à s'entraîner physiquement dans un gymnase et Martin Huot était son entraîneur personnel.
    Toujours en 2007 - Isabelle Gaston consultait Luc Tanguay - un communicateur - coach de vie - elle le recommanda à Guy Turcotte afin d'améliorer leur communication dans le couple.
    C'est en octobre 2008 que Isabelle Gaston et Martin Huot se retrouvent seuls à Québec et ils deviennent amants.
    La goutte d'eau qui a fait déborder le vase est toutefois arrivée à la fin 2008, quand la mère des deux jeunes victimes a surpris Guy Turcotte alors qu'il consultait de la pornographie gaie sur Internet et c'est une des raisons qui l'a poussée à le quitter. - Guy Turcotte avait prétexté que ces images s'étaient retrouvées sur son ordinateur alors qu'il cherchait pour un maillot de bain. -
    « J'ai baissé les bras, et mon niveau d'intolérance a augmenté. Mon cœur à battu à 200. C'était la cerise sur le sundae. »
    Isabelle Gaston
    Elle lui a proposé de faire ses expériences. ce qu'il a décliné avec colère.
    « Je ne suis pas gai! Arrête avec ça. »
    Guy Turcotte

    Selon Isabelle Gaston - C'est Guy Turcotte qui aurait insisté pour que le couple conçoive un deuxième enfant.
    Le témoin - Isabelle Gaston - et l'accusé - Guy Turcotte - éclataient souvent en sanglots à chaque mention des enfants durant le témoignage.
    À propos de son infidélité ;
    « Je ne suis pas fière de moi. J'aurais pu faire mieux. J'ai manqué de jugement là-dessus. »
    Isabelle Gaston

    Lors d’une récente rencontre du couple avec un coach de vie - Luc Tanguay - Guy Turcotte - qui avait eu à expliquer comment il entrevoyait la vie sans Isabelle - il aurait répondu :
    « Avec ou sans elle, les deux options sont aussi pire l’une que l’autre. »
    Guy Turcotte
    . Après la séparation, Isabelle Gaston croyait pouvoir réussir à maintenir une relation amicale avec Guy.
    « Je ne suis peut-être pas normale mais ce gars-là, je l’aimais quand même. J’aurais aimé qu’on soit amis. Qu’on serait capable d’aller ensemble voir Olivier au soccer ou Anne-Sophie faire du ski. »
    Isabelle Gaston
    Elle considère que Guy Turcotte était un bon père - voire même plus habile qu’elle sur certains aspects de l’éducation des enfants.
    « Pour moi, un père, c’est super important. Je n’en ai pas eu. J’ai eu une super mère mais pas de père. »
    Isabelle Gaston
    Pendant ces semaines de garde partagée - plusieurs échanges houleux se sont produits.
    « Isa, t’avais tout dans la vie. Mais t’es pas capable de te contenter, t’en voulais toujours plus »
    Guy Turcotte
    À propos du coup de poing asséné au visage de Martin Huot.
    « Guy, on ne montre pas à ses enfants à régler ses comptes à coups de poings. »
    Isabelle Gaston
    « Si j’avais pu, je l’aurais défiguré. »
    Guy Turcotte
    Le matin du 20 février 2009 - le jour du drame et au lendemain d'une autre dispute au téléphone - Guy Turcotte serait encore entré agressivement à la demeure de Prévost - pour encore y trouver Martin Huot - . Mais cette fois, il aurait quitté aussi rapidement qu’il est venu.
    La veille du drame, une dispute a eu lieu et Isabelle Gaston est devenu craintive, elle a demandé à son nouveau copain - Martin Huot - de venir coucher à la maison et elle a aussi décidé de faire changer les serrures.
    En soirée - alors qu’elle se préparait à se rendre dans Charlevoix pour y skier avec des copines - Guy l’a appelé. Il voulait passer à la maison chercher les raquettes des enfants. Elle lui a proposé de plutôt aller les lui porter. Il a refusé. Elle lui a avoué avoir fait changer les serrures.
    Guy Turcotte a alors piqué une colère.
    « Tu n’avais pas le droit, c’est ma maison! Tu veux la guerre, tu vas l’avoir! »
    Guy Turcotte
    Elle l’a supplié de la laisser aller lui porter les raquettes.
    « Non, toi, je suis mieux de ne pas te voir. »
    Guy Turcotte
    « Je me sens aujourd’hui imbécile de ne pas avoir pensé qu’il pourrait faire du mal aux enfants. »
    Isabelle Gaston
    En route vers Charlevoix, elle a fait annuler la carte de crédit Visa Desjardins sur laquelle Guy Turcotte avait accès à une marge de crédit de 30,000 $. Elle a ensuite téléphoné à Martin Huot - qui était au restaurant avec sa nièce - pour lui indiquer son intention de mettre fin à sa relation avec lui.
    « Elle était très anxieuse, très nerveuse. J’avais l’impression qu’elle ne savait plus quoi faire, qu’elle était désespérée. »
    Martin Huot

    Le lendemain, dans Charlevoix, des policiers l’ont intercepté sur la route, pour lui faire l’annonce de la tragédie.
    Avec le recul, elle dit regretter d’avoir attendu pour quitter Guy Turcotte.
    « J’attendais pour Olivier et Anne-Sophie. Je ne voulais pas partir après une aventure, quand tu ne sais pas encore ce qui va arriver, et leur faire vivre tout ça. »
    Isabelle Gaston
    Le 17 mai 2009, elle a réussi à téléphoner à Guy Turcotte - qui était hospitalisé à l’Institut Pinel -.
    « J’ai gâché ma vie. Je ne verrais plus jamais une tulipe fleurir. T’as du culot de m’appeler! Moi je ne suis pas mort parce que j’étais trop fâché contre toi. Je ne voulais pas te laisser d’argent avec mon testament. »
    Guy Turcotte
    -

Extraits de courriels échangés entre Isabelle Gaston et Guy Turcotte
- entre le 1er février et le 20 février 2009 -

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  • - vendredi 6 mai 2011 -
    Témoignage de Luc Tanguay
    - coach de vie pour le couple Guy Turcotte et Isabelle Gaston -
    26e et dernier témoin de la Couronne

    Le couple Isabelle Gaston et Guy Turcotte avaient recours à Luc Tanguay pour apprendre à mieux communiquer entre eux.
    Luc Tanguay a rencontré Guy Turcotte le 7 mars 2009 - 15 jours après le drame - à l'institut psychiatrique Philippe-Pinel.
    « On s’est pris dans nos bras. Il pleurait, il avait de la peine, c’était très intense. »
    Luc Tanguay

    « Il m’a dit qu’il était allé louer des vidéos pour les regarder avec les enfants. Il les a couchés et il a ouvert son ordinateur. Il était en possession de messages échangés entre Isabelle Gaston et Martin Huot. Ça le bouleversait de lire ses messages. »
    Luc Tanguay

    « Il a parlé une heure au téléphone avec sa mère et il avait résolu de se suicider. Il ne voulait pas que ses enfants le trouvent mort le lendemain matin, alors il a décidé de les amener avec lui. »
    Luc Tanguay

    Guy Tanguay a relaté que Guy Turcotte lui avait mentionné que Olivier - le fils de Guy Turcotte - avait brièvement tenté de dissuader son agresseur.
    « Non papa! Non papa! »
    Olivier Turcotte
    Puis Guy Turcotte s'est rendu dans la chambre de sa fille Anne-Sophie pendant qu'il entendait son fils mourir.
    « Suite à cela, il dit s’être réveillé à l’hôpital, intubé de partout. Il était inquiet pour le mal causé à son entourage. »
    Luc Tanguay
    « Ceux qui connaissaient Guy Turcotte n’avaient aucun moyen de savoir ce qui allait se passer, ses enfants étaient sa raison de vivre. »
    Luc Tanguay
    -

  • - vendredi 6 mai 2011 -
    La procureure de la Couronne Me Marie-Nathalie Tremblay a déclaré sa preuve close.
    À partir de lundi prochain - 9 mai 2011 (14e jour du procès) - l'avocat de Guy Turcotte Me Pierre Poupart commencera à faire entendre ses témoins.

    -

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    Quatrième semaine du procès de Guy Turcotte

  • - lundi 9 mai 2011 -
    Me Pierre Poupart
    - début des témoignages de la défense -
    recommandations aux jurés

    Avant de faire entendre ses témoins Me Pierre Poupart a invité les 12 membres du jury - sept femmes et cinq hommes - à ne pas se faire porte voix de la vindicte populaire, à ne pas crier avec les chacals, mais à rendre justice. Il a rappelé au jury que Guy Turcotte a bel et bien causé la mort de ses enfants mais que pour déclarer un accusé coupable de meurtre prémédité, il faut non seulement avoir la certitude qu’il en est l’auteur, mais qu’il en a également formulé l’intention.
    « Des professionnels de la médecine viendront vous expliquer ce qui se passe dans cette matière grise aux milliards de connexions. C’est la partie la plus complexe de la médecine. »
    Me Pierre Poupart
    « Ses enfants étaient sa seule raison de vivre depuis la rupture et il fallait nécessairement qu’il y ait eu trouble psychologique d’une sévérité suffisante pour entraîner une défaillance de son cerveau pour qu'il puisse passer à l'acte. »
    Me Pierre Poupart

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  • - lundi 9 mai 2011 -
    Marguerite Fournier
    - mère de Guy Turcotte -
    premier témoin de la défense

    Mme Fournier avait témoigné au premier jour du procès comme témoin de la Couronne.
    Mme Fournier a déposé 16 photos montrant son fils Guy en compagnie de ses enfants en expliquant chacune d'elles et pour démontrer qu'il était un père formidable qui n’aurait jamais pu tuer sa progéniture en ayant toute sa tête.
    Photos qui ont été présentées par Marguerite Fournier.

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  • - lundi 9 mai 2011 -
    Gilles Turcotte
    - frère de Guy Turcotte -

    « J’ai été le premier de la famille à avoir un enfant. Guy avait beaucoup de plaisir avec mon petit, il me disait que ça lui avait donné le goût d’avoir des enfants. »
    Gilles Turcotte
    « Avec les enfants, il a la capacité de s’émerveiller, il s’amuse autant qu’eux. (…) Entre les enfants et Guy, ça se passe toujours bien. C’est un père poule. »
    Gilles Turcotte
    -

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  • - lundi 9 mai 2011 -
    Guy Turcotte ( l'accusé )
    - début de son témoignage -
    - première partie -


    « Mes parents m’ont enseigné des valeurs telles que l’humilité, la générosité, la paix, la non violence, être bon avec son prochain. Les valeurs matérielles n’étaient pas présentes chez nous. Nous n’étions pas riches, et mes parents étaient économes, pas par obligation, mais par valeur. »
    Guy Turcotte
    En parlant de son enfance, il a confié que son séjour à l'école primaire n'avait pas été facile pour lui puisqu'il était la tête de turc de ses camarades de classe. - Il s'est décrit comme peu habile en sport et timide il était le « petit gars qui se fait écœurer, niaiser par tout le monde ». -
    À l'âge de 16 ans il est devenu moniteur de natation.
    « J’aimais donner des cours de natation. J’aime être avec les enfants, c’est un plaisir. Je leur montrais à bien manger. Ça n’était pas un travail, c’était plaisant. »
    Guy Turcotte

    C'est en 1999 - durant ses études universitaires en médecine à l’Université Laval - qu'il a rencontré Isabelle Gaston.
    Il a expliqué être tombé immédiatement amoureux de Isabelle Gaston.
    « C’était une fille souriante, pleine d’énergie, une belle fille, avec du leadership, intelligente, avec une facilité à communiquer, de l’entregent et beaucoup de charme. Elle m’a beaucoup attiré. »
    Guy Turcotte
    « Moi, je n’ai pas beaucoup d’assurance. Elle, elle a beaucoup d’assurance. Je me trouvais chanceux de pouvoir être avec cette fille là. Elle était tellement extraordinaire. J’étais surpris qu’elle soit attirée par moi. J’étais ben ordinaire, et elle vraiment hot. »
    Guy Turcotte
    À l’été 2000 ils se sont installés ensemble et les premiers mois de fréquentations ont été difficiles puisque le couple se disputait souvent et des coups ont même été échangés en une occasion - au retour d'un congrès d'une semaine où il s'était rendu. -
    « Elle était fâchée, mais vraiment fâchée. Ça a dégénéré en grosse chicane. Je lui ai dit on va arrêter ça là. J’ai fini par lui donner une claque au visage. Elle m’en a donnée une aussi. »
    Guy Turcotte
    Par la suite ils se sont laissés et Guy Turcotte a déménagé.
    Quelques mois plus tard, ils ont repris leur relation. Les disputes se sont faites plus rares et ils se sont fiancés.
    Le témoignage de Guy Turcotte se poursuit mardi.

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  • - mardi 10 mai 2011 -
    témoignage de Guy Turcotte ( l'accusé )
    - deuxième partie -

    23 août 2003: Mariage de Guy Turcotte et d'Isabelle Gaston.
    En 2003 Guy Turcotte a obtenu un poste de cardiologue à l'Hôtel-Dieu de Saint-Jérôme et le couple s'est installé à Prévost
    C'est le 23 août 2003 que Guy Turcotte épousa Isabelle Gaston
    Guy Turcotte a raconté au jury les deux grossesses difficiles de son ex-femme - Isabelle Gaston - et mère de leurs deux enfants. - Olivier né le 27 avril 2003 et Anne-Sophie née le 8 décembre 2005. -
    La conciliation travail-famille - partage des tâches - se faisait difficilement, compte tenu notamment de leurs horaires de travail.
    « Le sujet de dispute qui revenait souvent - à part la répartition des tâches - c’est le reproche que je ne suis pas assez reconnaissant de ce qu'elle fait. Les problèmes c'est elle qui trouve des solutions. C'est ma faute de ne pas la remercier. Elle veut plus d'implication de ma part. Quand je ne suis pas au travail, je suis avec les enfants. »
    Guy Turcotte
    Il devenait très down après les chicanes de ménage avec sa conjointe Isabelle Gaston.
    « Quand les enfants vont faire leur sieste, je me couche moi aussi dans mon lit. Je ne m’endors pas, je suis juste down. »
    Guy Turcotte
    « Je n’aimais pas ça. J’ai pensé au suicide et au bidon de lave-vitre dans le sous-sol. Je ne suis pas passé à l’acte parce que je pensais au bien-être des enfants. »
    Guy Turcotte
    Il a ensuite parlé de sa relation avec les enfants qui elle, était bonne et lui procurait du bonheur.
    « Quand je suis avec mes enfants, je suis bien. C’est là que je trouve du réconfort. »
    Guy Turcotte
    « Tu l'aimes, ton enfant. L'amour inconditionnel, tu peux pas connaître ça avant d'avoir des enfants, je pense. C'est une partie de toi. Mes enfants, je les aime. »
    Guy Turcotte
    Il dit avoir commencé à consulter le coach de vie Luc Tanguay avec Isabelle dans le but de sauver son mariage et aussi de parler de son manque de confiance en lui.
    « T’es pas un trou de cul, t’es un gars intelligent, t’as une femme qui t’aime, t’as des beaux enfants, une belle carrière, une belle maison, t’es pas laid! »
    Luc Tanguay

    LE VOYAGE À CANCÚN :
    C'est le 15 janvier 2009 que Patricia Giroux a montré les courriels à Guy Turcotte. C'était deux jours avant que Guy Turcotte, Isabelle Gaston et leurs deux enfants ne s'envolent pour une semaine de vacances à Cancún. - Du 17 au 24 janvier 2009. -
    Guy Turcotte décide de ne pas annuler le voyage au Mexique. Son fils parle sans cesse du voyage, apprend des mots espagnols.
    « Je n'étais pas capable d'annuler ce voyage-là. »
    Guy Turcotte
    Le samedi 17 janvier 2009, alors que toute la famille est dans la voiture en route pour l'aéroport. - Isabelle Gaston ne se doute pas qu'il est au courant de sa liaison. - À la radio on joue Les hirondelles - des Cowboys Fringants. - Guy Turcotte se met à pleurer.
    « Isabelle a tendu la main pour me caresser le cou. »
    Guy Turcotte
    Me Pierre Poupart interroge Guy Turcotte sur cet incident.
    Me Pierre Poupart : Qu'y a-t-il dans les paroles de cette chanson qui vous fait pleurer?
    Guy Turcotte : Est-ce que je peux vous les écrire pour demain? Ça me met en contact avec mes émotions.
    -

Les paroles de la chanson - Les Hirondelles.
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. « Les Hirondelles - Les Cowboys Fringants
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    En route vers le Mexique - la mort dans l'âme - Guy Turcotte fait comme si de rien n'était.
    Le dimanche 18 janvier 2009 - Isabelle Gaston apprend par un courriel que sa liaison avec Martin Huot est dévoilée et que Guy Turcotte sait tout et dans le même courriel elle apprend aussi que Patricia Giroux se livre à une campagne de salissage à son endroit sur Facebook.
    Ils décident de s'éviter pour le reste de cette semaine de vacances. En revenant de voyage Guy Turcotte trouve une maison en 24 heures et il emménage le lendemain. - 26 janvier 2009 -
    Il quitte sa femme pour toujours et avant de partir, ils discutent des détails de la garde partagée.
    Me Pierre Poupart : Comment ça se passe ?
    Guy Turcotte : Ça se passe bien, c'est poli, dans le respect et dans la collaboration. J'ai beaucoup de difficulté à vivre ce qui se passe, je suis figé, j'essaie de refouler.
    Au fond Guy Turcotte est très en colère contre Isabelle Gaston mais aussi contre Martin Huot - qu'il considérait comme un ami sincère. - Il se retrouve seul dans sa nouvelle maison - seul pour la première fois depuis cinq ans - et il est très déprimé.

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    -










  • - mercredi 11 mai 2011 -
    témoignage de Guy Turcotte ( l'accusé )
    - troisième partie -


    Le 26 janvier 2009, Guy Turcotte se retrouve seul et anéanti dans sa nouvelle maison à Prévost - une maison meublée, qu'il avait loué pour trois mois, avec l'idée d'acheter une autre demeure, dans le même quartier que son ancien domicile. -
    « Ce soir-là, je pleure toute la soirée. Je reste assis sur le divan, je pleure, je ne fais rien. »
    Guy Turcotte
    C'est lorsqu'il s'occupe de ses enfants et au travail qu'il trouve du bien-être.
    Le 8 février 2009 - au retour d'un congrès - il s'est retrouvé à nouveau seul dans sa nouvelle maison de Piedmont.
    « Je m'ennuie. Je suis déprimé. Je sors prendre une marche. Je m'assois dans la neige et je pleure. »
    Guy Turcotte
    Le dimanche 8 février 2009 - en soirée - son fils Olivier l'appelle au téléphone et lui raconte avoir été au Carnaval de Québec avec sa mère, Anne Sophie et le nouveau conjoint de celle-ci Martin Huot.
    « Un coup de masse en plein front aurait fait moins mal. J’ai habité 12 ans à Québec, j’ai vécu le Carnaval avec un enfant - le neveu d’Isabelle - et ça a une signification particulière pour moi. Normalement, c’est moi qui aurais dû être là avec mes enfants. Martin Huot a pris ma place. Au téléphone, je paralyse et je raccroche. Puis je pleure. Je n’accepte pas que Martin profite de mes enfants comme s’il était à ma place. »
    Guy Turcotte
    C'est deux jours plus tard - le 10 février 2009 - qu'il frappe Martin Huot au visage lorsqu'il le voit dans la maison familiale de Prévost.
    Guy Turcotte dit avoir souffert d'un choc émotif important lorsqu'il a découvert que l'amant de sa femme avait emménagé avec elle quelques heures après son propre départ du domicile conjugal.
    Le lendemain ( - lundi 9 février 2009 - ) - voulant passer à la maison de Prévost prendre des effets personnels - il aperçoit la voiture de Martin Huot et décide de poursuivre son chemin. C'est alors qu'il croise ses anciens voisins - Lise et Fernand - qui prennent une marche et lui font signe d'arrêter.
    « Ils me disent que tout de suite la première soirée après mon départ - le 26 janvier 2009 - , la voiture de Martin Huot était là et que depuis, elle y est presque tous les soirs. Ça me fait capoter. J’apprends que ça fait quelques heures que je suis parti et lui a déjà pris ma place, il couche dans mon lit. - Le lit est le seul meuble de la maison qu’il ait acheté seul sans l’avis d’Isabelle. - »
    Guy Turcotte
    Le lendemain - tôt le matin - il surprend Martin Huot dans sa maison.
    « T’es un écœurant, tu m’as volé ma femme, tu m’as trahi. Tu fais comme si tu étais mon chum, aux fêtes tu viens chez nous et tu me fais un hug - c'est se prendre dans les bras pour se dire bonjour - quand tu arrives. »
    Guy Turcotte
    Après ces mots Guy Turcotte assène un coup de poing au visage de Martin Huot qui ne réplique pas.
    « Je me suis dit qu'il avait des frustrations à sortir »
    Martin Huot

    Plus tard dans la journée Isabelle Gaston lui a téléphoné et elle était furieuse d’apprendre qu'il avait frappé Martin Huot.
    Le mardi 17 février 2009, Patricia Giroux - ex de Martin Huot et elle aussi trompée dans cette histoire - téléphone à Guy Turcotte et lui envoie de nouveaux courriels échangés entre Isabelle Gaston et Martin Huot - qu’elle dit avoir découvert en fouillant la messagerie Web de Martin Huot -
    Guy Turcotte, dit les avoir immédiatement transférés dans la boite de pourriels de sa messagerie, car il était incapable de les lire.
    « Ça me prend tout mon petit change pour faire mes choses quotidiennes. Je ne suis pas capable d’en prendre plus à ce moment. »
    Guy Turcotte
    C’est le vendredi soir 20 février 2009 - quelques heures avant de poignarder à mort Olivier et Anne-Sophie dans leurs lits - qu’il allait lire ces courriels enflammés.
    À propos de « Tu veux la guerre, tu vas l’avoir. » que Guy Turcotte a lancé à Isabelle Gaston - quelques heures avant de poignarder à mort leurs deux enfants - Guy Turcotte témoigne qu’à ce moment - c’était à une bataille juridique qu’il pensait. Et non à quelque geste violent que ce soit.
    Le 19 février 2009 - la veille du drame - ils s’étaient violemment disputés au téléphone. Sujet de la dispute : Elle était de garde sur appel pendant la nuit et elle lui avait dit que Martin Huot serait là pour les enfants si elle devait aller à l’hôpital.
    Guy Turcotte n'acceptait pas de ne pas être celui qui garderait les enfants pendant les quarts de travail de son ex-conjointe.
    Très tôt le matin du drame - le 20 février 2009 - Guy Turcotte est retourné pour la dernière fois à la maison de Prévost pour voir si Isabelle y était. Arrivé sur place, il a seulement vu la voiture de Martin Huot dans le stationnement. - la voiture de Isabelle était garée chez le voisin - comme elle le faisaient parfois quand le voisin en question déneigeait leur cour. -
    Certain d'être seul à seul avec Martin Huot - Guy Turcotte entra en coup de vent dans la maison - dans le but de faire connaître sa façon de penser à Martin Huot - Mais - à sa grande surprise - c’est sur Isabelle Gaston qu’il tomba.
    Isabelle Gaston : Tu n’as pas d’affaires chez moi !
    Guy Turcotte : Qu’est-ce qu’il (Martin Huot) fait ici ?
    Isabelle Gaston : Je suis chez moi ici, je t’ai offert la maison, tu as dit non, tu vas arrêter d’essayer de contrôler ma vie. Je peux changer leur nom de famille, demander la garde, et déménager à Sept-Îles si je veux.
    Humilié et paniqué il quitte les lieux pour se rendre au travail.
    En après-midi - il récupére Anne-Sophie et Olivier car il en avait la garde pour la fin de semaine. - Isabelle Gaston partant skier avec des copines au Massif dans Chalevoix -
    En fin d’après-midi - elle l’appella. Il lui dit qu’il passera à la maison chercher les raquettes des enfants.
    « Tu ne pourras pas. Je ne me sentais plus en sécurité, j’ai appelé un avocat, et j’ai changé les serrures de la maison. »
    Isabelle Gaston
    C’est alors qu’il a piqué une violente colère et promis à son ex de lui faire la guerre.
    « Je me disais moi aussi je vais appeler un avocat. Je suis encore propriétaire de la maison. Et Martin, il ne mettra plus les pieds là. »
    Guy Turcotte

    En fin de journée - à la demande des enfants, ils sont allés louer des films pour la soirée.
    Le témoignage se poursuivra demain - jeudi 12 juin 2011 - -

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  • - jeudi 12 mai 2011 -
    témoignage de Guy Turcotte ( l'accusé )
    - quatrième partie -


    Guy Turcotte a raconté comment s'était déroulé la soirée du 20 février 2009.
    Isabelle Gaston a appellé Guy Turcotte à six reprises à Piedmont entre 17h17 et 19h04
  • - 17h17
  • - 17h33
  • - 17h34
  • - 17h56
  • - 17h59
  • - 19h04
    - à chaque fois qu'elle se met à parler Guy Turcotte lui raccroche au nez.
    Guy Turcotte a couché les enfants tôt - avant 19 heures - car il voulait passer une bonne journée avec eux le lendemain.
    Il leur a chanté des chansons dans leur chambre et après il est descendu pour écouter le film qu'il avait loué pour lui-même.
    Mais il a pensé que le bruit pourrait empêcher ses enfants de dormir il a alors décidé d'ouvrir son portable et d'aller sur Yahoo.
      activité sur le portable de Guy Turcotte
    • - 18h27 à 18h31 lecture des courriels que se sont échangés Isabelle Gaston et Martin Huot
    • - 18h31 à 18h55 il n'y a eu aucune activité sur l'ordinateur
    • - 18h55 à 19h43 il fait des recherches sur les moyens de se suicider sans douleur, ainsi que sur l'éthylène glycol
    • - 19h43 à 20h09 il relit les messages que se sont échangés Isabelle et Martin Huot - ces messages avaient été écrits entre le 20 et le 27 janvier 2009 -

    Et il a été placé devant l'évidence.
    « Ils s’aiment, c’est évident. Elle dit qu’elle a hâte de cuisiner avec lui. Isabelle n’aime pas ça cuisiner. Moi et Isabelle, on ne s’est jamais aimé de même. Ça me fait mal. Je n’ai jamais senti une douleur pareille. Je suis découragé. »
    Guy Turcotte
    Ne pouvant plus supporter la douleur. Guy Turcotte affirme qu'après avoir lus les messages il a pris la décision de se suicider.
    C'est toutefois en réalisant que ses enfants pourraient le retrouver mort qu'il a pris la décision de les emporter avec lui.
    Il se souvient d'un moment avec un couteau:
    « Je suis au pied de l'escalier, j'ai un gros couteau dans les mains. Je suis en train de l'aiguiser. Je le tiens de mes deux mains. Je veux me le planter dans le coeur. Je n'ai pas la force. »
    Guy Turcotte

    Il se souvient que son ex-conjointe Isabelle Gaston - travaillant à l'urgence d'un hôpital - lui avait déjà raconté le cas d'un patient poignardé qui avait survécu.
    Il a donc choisi de s'enlever la vie avec de l'antigel. Mais n'en trouvant pas, il a plutôt calé plusieurs verres de lave-vitre.
    « Je suis assis à mon lit. Je réalise que je suis en train de mourir. Je vois que je suis mort. Je suis mort et mes enfants me voient que je suis mort. »
    Guy Turcotte
    « Je veux pas que mes enfants me trouvent mort. Là, je dis
    'Je vais les amener avec moi.'
    »
    Guy Turcotte
    Il se voit debout dans la chambre d'Olivier, un couteau à la main. Puis, il passe à l'acte.
    « Je rentre le couteau. Olivier me fait nonnnnnnnn. »
    Guy Turcotte
    « Là, je réalise que je suis en train de lui faire mal. Je panique et je donne encore des coups. Je ne sais pas ce qui est arrivé après. »
    Guy Turcotte
    Il dit ne pas se souvenir d'avoir donné autant de coups que ce que l'autopsie a révélé.
    « Ça se peut pas, a-t-il dit en larmes. Je ne me rappelle pas de ça, moi. »
    Guy Turcotte
    Puis, dans la chambre d'Anne-Sophie
    « La même chose arrive. »
    Guy Turcotte
    « J’ai fait mal à mes enfants et je veux me rentrer le couteau. Je le cherche dans la chambre mais je ne le trouve pas. »
    Guy Turcotte
    Guy Turcotte n'a pas été en mesure de préciser l’heure des événements.
    Guy Turcotte se rapelle avoir parlé avec sa mère au téléphone. Il lui aurait dit à plusieurs reprises : «Je t’aime. Je t’aime.»
    Il se rappelle enfin être retourné dans la chambre de son fils, pour l’apercevoir encore vivant, blessé. Son dernier souvenir des événements avant l’arrivée de la police est d’avoir vomi, couché sur son lit.
    La mère des jeunes victimes Isabelle Gaston est sortie en pleurs de la salle d'audience, escortée d'un détective.

    Guy Turcotte dit qu'il s'est réveillé le lendemain, quand il a entendu des bruits dans la maison. Il faisait clair.
    « Oh non, chus pas mort. »
    Guy Turcotte
    Il s'est jeté en bas du lit, et s'est glissé dessous « comme un niaiseux » a-t-il, dit.
    Me Pierre Poupart - l'avocat de Guy Turcotte - a terminé l’interrogatoire de son client en lui demandant comment il se sentait maintenant.
    « Cette soirée-là s'est passé dans la détresse. Je n'accepte pas ce qui est arrivé. Je ne comprends pas pourquoi c'est arrivé. Je sais que c'est arrivé de mes mains. Je suis scandalisé. Un père ne peut pas faire ça à ses enfants. Ça me terrorise. »
    Guy Turcotte

    UN JURÉ EXCLU
    Peu de temps après la fin du témoignage de Guy Turcotte un juré a été exclu pour cause de partialité.
    Après le témoignage de Guy Turcotte onze jurés ont fait parvenir une note au juge l'informant que l'un de ses membres n'était pas impartial et qu'il avait informé ses collègues que son idée était faite dans cette affaire.

    Après avoir convoqué ce juré, le juge Marc David l'a exclu du procès. - Il s'agit du juré numéro 5. - Il a ensuite informé le jury que le procès se poursuivrait et qu'il devrait rendre son verdict après avoir délibéré à 11 jurés plutôt qu'à 12.
    Le procès se poursuivra demain matin au palais de justice de Saint-Jérôme avec 11 jurés. - Sept femmes et quatre hommes. -
    le jury original était formé de cinq hommes et sept femmes. - C'est donc un homme juré qui a été libéré par le juge Marc David

        ☑ à propos du juré exclu ;
      • - cet incident était frappé en partie d'une ordonnance de non-publication qui a pris fin à la séquestration du jury le jeudi 30 juin 2011 à 11h06
      • - le juré qui avait été expulsé du jury estimait que Guy Turcotte était un maniaque et qu'il ne fallait pas le remettre dans la rue - propos qu'il avait tenu devant au moins un autre collègue - au cours de la première semaine du témoignage de Guy Turcotte -
      • - l'homme s'est défendu devant le juge en disant
        « J'ai juste commenté. J'ai jasé avec un juré, je ne me suis pas levé pour le dire. Mon collègue a décidé d'interpréter ça à sa manière. Je ne suis pas vraiment borné, j'attends la fin du procès pour me faire une idée.
        J'ai une opinion. Je sais qu'il y a eu un acte illégal. Maniaque, j'ai dit ça ce matin, mais je faisais référence aux enfants qui ont perdu la vie. Je suis une personne posée, je suis loin de m'énerver.
        »
        juré numéro 5
      • - après l'avoir congédié, le juge, lui a rappelé son serment de confidentialité et lui a interdit de contacter les onze autres jurés
    -


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  • - vendredi 13 mai 2011 -
    début du contre-interrogatoire de Guy Turcotte ( l'accusé )
    - par la procureure de la Couronne Me Claudia Carbonneau -
    - première partie -

    VIE PERSONNELLE
    « J'ai grandi au sein d'une famille très religieuse mais je me considère comme un athée. »
    Guy Turcotte

    « Mes parents désapprouvaient mon choix de faire des études en médecine, sous prétexte que je deviendrais trop différent des autres membres de la famille. »
    Guy Turcotte

    ÉTAT D'ESPRIT
    « Le soir du 20 février 2009 n'étiez-vous pas plus en colère que déprimé ? »
    Me Claudia Carbonneau
    « En décembre et en janvier, j'ai passé par toutes les émotions. J'étais fâché et en colère et aussi déprimé. »
    Guy Turcotte
    La Couronne met en doute la réelle intention suicidaire de Guy Turcotte puisqu'il a choisi le méthanol pour mourir. - Ce qui provoque une mort lente qui peut prendre des jours. - Et encore, à condition de ne pas avoir de soins médicaux.
    « Le 20 février 2009, j'ai pensé à plusieurs méthodes pour me suicider - notamment en ingurgitant du poison à rat - un anticoagulant - pour ensuite sauter du toit de la maison afin de provoquer des fractures et des hémorragies. J'ai aussi songé à me pendre. Mais finalement j'ai opté pour l'ingestion de lave-glace. »
    Guy Turcotte
    « Certains articles que vous avez consulté sur Internet vous indiquait que les symptômes surviendraient entre 12 et 24 heures et qu'ensuite suivraient des troubles visuels. Donc ingérer du lave-glace cause plutôt une mort lente. »
    Me Claudia Carbonneau
    « J’ai un souvenir général là-dessus mais pas spécifique. Je sais que l’éthylène glycol est pire. Je pensais que le méthanol contenu dans le lave-glace causerait ma mort après plusieurs heures, à la suite d’un coma progressif. »
    Guy Turcotte
    « En tant que médecin vous aviez un accès facile à des médicaments potentiellement mortels à votre lieu de travail. »
    Me Claudia Carbonneau
    « Quand j’étais à l’hôpital, je ne pensais pas au suicide. »
    Guy Turcotte
    Guy Turcotte a admis avoir des idées suicidaires depuis 2007 mais n'avait jamais fait de recherches sur le sujet avant 2009.
    « En 2007, je ne suis pas dans un désespoir assez profond pour aller plus loin que la pensée. Je n’avais pas de plan. »
    Guy Turcotte
    « Mes idées suicidaires venaient après les disputes, quand je me sentais down. Mais ça ne durait pas des jours. »
    Guy Turcotte
    Me Carbonneau a rappelé au témoin que la petite Anne-Sophie avait avalé du lave-glace, en 2007, et que la mère de la petite, Isabelle Gaston, l’avait même emmenée à l’hôpital.
    « Je savais que le produit était toxique et j’étais inquiet. Mais je n’ai pas pensé que Anne-Sophie allait mourir. »
    Guy Turcotte
    Guy Turcotte est interrogé sur la coïncidence entre cet épisode et sa tentative de suicide au méthanol le jour du meurtre de ses deux enfants.
    « Je ne fais pas de lien avec Anne-Sophie qui a manipulé une bouteille de lave-glace et le fait que j’en ai pris. »
    Guy Turcotte
    Le contre-interrogatoire de Guy Turcotte se poursuivra lundi. -


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    Cinquième semaine du procès de Guy Turcotte

  • - lundi 16 mai 2011 -
    contre-interrogatoire de Guy Turcotte ( l'accusé )
    - par la procureure de la Couronne Me Claudia Carbonneau -
    - deuxième partie -

    ☑ Me Claudia Carbonneau a questionné Guy Turcotte à propos de deux incidents qui se sont produits en 2001 et en 2008 lorsque Isabelle Gaston avait réalisé que Guy Turcotte consultait des sites homosexuels.
    Même s'il lui arrivait de consulter ce genre de sites - Guy Turcotte a dit qu'il se considérait comme un hétéro.
    « Isabelle avait peur que je sois gai et que je parte avec un gars. Je lui ai dit : il n'y a pas de danger, j'aime les femmes et tu ne me verras jamais partir avec un homme. »
    Guy Turcotte

    ☑ Me Claudia Carbonneau a voulu ensuite - à l'aide des courriels que l'accusé et Isabelle Gaston se sont échangé entre le 26 janvier et le 4 février 2009 - amener Guy Turcotte à admettre qu'il était très en colère et très frustré parce que Martin Huot, le nouvel amant de Isabelle Gaston prenait sa place.
    Guy Turcotte a minimisé la signification de ce qu'il avait écrit dans ces courriels et répliquait qu'il s'agissait plus de frustration que de colère. il a fait valoir que ces sentiments étaient mêlés avec du découragement et de la tristesse.
    Extraits des courriels ;

    Me Carbonneau lui fait remarquer qu'il avait toujours son rôle de père malgré le fait que Martin Huot gardait les enfants à l'occasion.
    « Mais vous les aviez la moitié du temps vos enfants. Il n’y avait pas de problèmes de garde. Vous étiez en mesure de jouer votre rôle de père malgré la présence de Martin. »
    Me Claudia Carbonneau
    « C’est une façon de voir les choses. Moi je trouve difficile de ne pas les voir la moitié du temps. Et de savoir Martin là avec eux, si Isabelle est appelée, ça me fait encore plus mal de savoir que c'est lui qui sera là à ma place. »
    Guy Turcotte

    ☑ Incapacité à exprimer ses frustations ;
    « Lors de moments difficile avec Isabelle, vous étiez incapable d'exprimer vos frustations. Vous attendez toujours que quelqu’un trouve les solutions pour vous? »
    Me Claudia Carbonneau
    « C'est vrai. »
    Guy Turcotte

    ☑ Le coach de vie ;
    « Le 17 février 2009, quand vous êtes allé voir votre coach de vie - Luc Tanguay - il vous a suggéré de cesser de communiquer avec Isabelle. Et la première chose que vous faites, le 20 février 2009 au matin, c'est de vous rendre chez Isabelle tout en sachant que vos enfants y étaient en sécurité. »
    Me Claudia Carbonneau
    « Je voulais juste m’assurer qu’Isabelle était présente avec les enfants. »
    Guy Turcotte

    ☑ État d'esprit des dernières semaines ;
    « Malgré votre découragement, vous étiez capable de visiter des maisons, de louer un camion de déménagement pour aller chercher vos biens à votre ancienne maison. Vous aviez des enfants, une belle carrière, pas de problèmes financiers. »
    Me Claudia Carbonneau
    « Vous croyez que parce que j’ai une belle carrière, un bon travail, ça m’empêche d’être démoli par ce qui se passe ? Je ne suis pas d’accord. »
    Guy Turcotte
    -

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  • - mardi 17 mai 2011 -
    contre-interrogatoire de Guy Turcotte ( l'accusé )
    - par la procureure de la Couronne Me Claudia Carbonneau -
    - troisième partie -

    ☑ À jeun ou sur le méthanol ?
    c'est ce que la procureure de la Couronne Me Claudia Carbonneau a tenté d'éclaircir en questionnant Guy Turcotte au troisième jour de son contre-interrogatoire.
    Guy Turcotte a maintenu qu'il ne se souvient pas de la séquence précise des événements qui l'ont amené à poignarder à mort Olivier et Anne-Sophie. Mais il pense qu'il avait déjà commencé à consommer du lave-glace - méthanol - quand cela s'est produit.
    À quelle heure Guy Turcotte
    a t-il commencé à boire du lave-glace ?
    Voici un fait - qui je crois - n'a pas été révélé durant le procès.
    Selon Michel Dufour - - policier de la SQ - qui a analysé le contenu de l'ordinateur portable de Guy Turcotte - Guy Turcotte a utilisé son ordinateur entre 18h20 et 20h09
    On sait que Guy Turcotte a laissé un message sur le répondeur de son agent d'immeuble - Martin Nolet - à 20h27 le soir ou il a assassiné ses deux enfants.
    Le message en question - d'une durée de 20 secondes
    - est ci-dessous.

    Écouter le message et porté attention - vers la 10e seconde - Guy Turcotte a comme un 'haut le coeur' et il dit «pardon!»
    - comme on fait lorsque l'on rote. -
    Enregistrement du message que Guy Turcotte a laissé sur le répondeur de Martin Nolet

    durée de 0,20 secondes écouter

    C'est peut-être parce qu'il avait déjà commencé à boire du lave-glace.

    Yves Isabelle

    « Je suis en train de boire du méthanol quand je me rends compte que mes enfants vont me trouver mort et je décide de les emmener dans la mort. »
    Guy Turcotte
    « Vos enfants étaient peut-être déjà morts. »
    Me Claudia Carbonneau
    « Les souvenirs que j'ai sont tatoués. Je me voyais allongé mort. Je vous l'ai dit la semaine passée. J'ai dit: je vais les emmener avec moi. Je me verse du méthanol, je le cale, je m'en verse, je le cale... Je me rappelle de ça. »
    Guy Turcotte

    ☑ le coucher - le bain - les pyjamas des enfants ;
    Me Claudia Carbonneau met en lumière le fait que les enfants ont dû aller au lit bien tôt ce soir-là, puisque M. Turcotte s'est mis à l'ordinateur à partir de 18h20. - C'est ce qui est ressorti du témoignage de Michel Dufour - policier de la SQ - et spécialiste en récupération de données informatiques. - L'analyse du portable a révélé de Guy Turcotte était allé sur internet entre 18h20 et 20h09 - la journée qui a coûté la vie à ses deux enfants. - 41 pages Web ont été consultées dont 27 courriels que son ex-conjointe - Isabelle Gaston - avait échangés avec son nouvel amoureux - Martin Huot. - -
    Et toujours selon Guy Turcotte les enfants étaient déjà couchés.
    Contrairement à la routine habituelle, les enfants n'ont pas eu de bain.
    - Guy Turcotte a réalisé ce fait qu'au cours du présent procès, mais il ne peut expliquer pourquoi il n'a pas baigné les enfants ce soir-là.
    « Les enfants prenaient un bain tous les soirs. Je me suis rendu compte, il y a deux semaines lors du témoignage d’Isabelle Gaston, qu’ils n’avaient pas pris de bain ce soir-là. »
    Guy Turcotte

    Les enfants n'avaient pas de de pyjama.
    - Lorsque les enfants ont été découverts dans leur lit respectif - le lendemain, par les policiers - Olivier n'avait pas de haut, tandis que Anne-Sophie ne portait que des petites culottes.
    Guy Turcotte dit se souvenir que les enfants se sont glissés sous leurs couvertures ainsi vêtus parce qu'il n'avait pas assez d'énergie pour leur dire de passer un pyjama.
    « Ce soir-là j’étais vidé et sans énergie. Quand j’ai vu Olivier se coucher torse nu j’ai dit bof, je n’ai pas envie de m’obstiner. »
    Guy Turcotte


    ☑ les courriels et la colère ;
    Pourquoi avoir lu les courriels échangés entre Isabelle Gaston et Martin Huot, alors que vous saviez que cela attiserait votre colère ?
    Me Claudia Carbonneau
    « Je ne sais pas pourquoi j’ai fait ça. Ce n’est pas clair. Je n’aurais pas du faire ça. Je me pose cette même question depuis deux ans et je n'ai pas trouvé de réponse. »
    Guy Turcotte

    ☑ La Couronne exige des détails concernant les meurtres et tente de démontrer que les gestes posés par l’accusé étaient prémédités ;
    « Vous avez réalisé que vous avez fait du mal à votre fils alors pourquoi ne pas avoir arrêté ? »
    Me Claudia Carbonneau
    « Je ne sais quoi vous répondre »
    Guy Turcotte
    « Et vous allez quand même faire du mal à Anne-Sophie ? »
    Me Claudia Carbonneau
    « Je ne sais quoi vous répondre »
    Guy Turcotte

    ☑ au sujet de sa tentative de suicide ;
    La souffrance que j'ai ressenti cette journée-là, n'avait aucune mesure avec celle des autres semaines.
    Guy Turcotte
    « Pour quelqu’un qui n’a jamais connu ça, qui n’a jamais contemplé le suicide, c’est difficile à comprendre. »
    Guy Turcotte
    Pourquoi ne vous êtes pas poignardé dans les côtes pour être certain de mourir ?
    Me Claudia Carbonneau
    Parce que je voulais visé sous le sternum afin d'atteidre le coeur.
    Guy Turcotte

    ☑ Objection votre honneur ;
    Me Claudia Carbonneau - procureure de la Couronne - contre-interrogeait Guy Turcotte sur un incident survenu après la mort de ses enfants.
    C'est alors que l'avocat de l'accusé - Me Pierre Poupart - a formulé une objection.
    L'objection a enclenché des discussions sur des points de droit et le jury a été invité à se retirer pendant ces discussions.
    Les discussions se sont finalement poursuivies jusqu'à 16h30 et le procès a été ajourné jusqu'au lendemain.
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  • - mercredi 18 mai 2011 -
    ajournement du procès

    Ajournement du procès en raison de discussion sur des points de droit entre le juge Marc David et les avocats.
    Les points de droit étant discutés hors de la présence du jury - leurs teneurs demeurent secrètes.
    Vers 11h15 - les jurés ont été renvoyés à leur domicile et tenus de se présenter demain matin - jeudi 19 mai 2011 - à 10h00.
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  • - jeudi 19 mai 2011 -
    contre-interrogatoire de Guy Turcotte ( l'accusé )
    - par la procureure de la Couronne Me Claudia Carbonneau -
    - quatrième partie -

    La Couronne a continué de questionner Guy Turcotte concernant son état d'esprit après le drame du 20 février 2009.
    Peu après le meurtre de ses deux enfants, Guy Turcotte avait affirmé être dans un état de stress et de panique intense.
    ☑ l'hospitalisation ;
    Lors de son hospitalisation - au pavillon Albert-Prévost de l’hôpital du Sacré-Cœur de Montréal et ensuite à l'Institut Pinel - - Guy Turcotte s'est assuré que son ex-compagne, Isabelle Gaston, ne puisse profiter de ses biens. - Moins de 15 jours après son hospitalisation. -
    Guy Turcotte a rencontré un avocat le premier vendredi de son incarcération à l'Institut Pinel.
    Guy Turcotte, a rédiger une liste de ce qu'il avait à régler au niveau financier afin d'aider ses parents à gérer la situation.
    Il a fait stopper les prélèvements automatiques qui passaient dans le compte de banque qu'il avait avec Isabelle Gaston.
    ☑ l'assurance-vie ;
    Guy Turcotte a téléphoné à sa représentante en assurance pour modifier le nom des bénéficiaires de son assurance-vie - qui était au nom de Isabelle Gaston - pour plutôt avantager sa famille - la famille Turcotte - .
    « J’avais pris cette assurance-vie pour protéger le niveau de vie des enfants. Comme les enfants n’étaient plus là et qu’il était clair à ce moment-là que j’allais mourir par suicide, j’ai fait changer ça pour que ce soit ma famille qui touche l’assurance-vie au cas où j'arriverais à me suicider. »
    Guy Turcotte

    ☑ Le spa et Marie-Mai ;
    Guy Turcotte a mandaté ses parents pour récupérer un bon pour un forfait d'une journée de massage au spa Le Finlandais à Rosemère qu'il avait offert à Isabelle Gaston pour Noël. Ainsi que quatre billets pour un spectacle de Marie-Mai - qu'il devait aller voir avec Isabelle Gaston - Olivier et Anne-Sophie -
    « J’ai appelé mon père pour lui dire de récupérer le forfait au spa. C’était une erreur d’avoir acheté ça. Isabelle me trompait déjà quand je les ai achetés. Je n’ai pas eu de cadeaux ce Noël-là - 25 décembre 2008 - et Isabelle était partie en voyage dans le sud à Noël. J’ai voulu que ce soit utilisé par ma famille. »
    Guy Turcotte

    Pour ce qui est des billets pour le spectacle de Marie-Mai - Guy Turcotte voulait que les billets soit remis à sa filleule.
    ☑ Les REER ;
    Il a demandé pour que l'argent placé dans ses REER soit déplacé d’un compte à risque vers un compte moins risqué à cause de l'instabilité de la bourse.
    « J’ai perdu des dizaines de milliers de dollars à cause de ça et j'étais obsédé par l'argent parce que ne n'en avais plus. »
    Guy Turcotte

    ☑ La liste de récupération ;
    Quelques jours après les meurtres de ses enfants - Guy Turcotte a dressé une liste de biens qu’il souhaitait voir ses parents récupérer dans la maison de Piedmont qu’il louait et où le drame s'était produit.
    • - pompes à savon

    • - des patates - encore dans le garde-manger -

    • - une boîte contenant des chaudrons neufs - récemment acheté au Club Price -

    • - un CD de relaxation

    « Je voulais que ma mère aille au Club Price pour se les faire rembourser. Parce que je n’en avais plus besoin et parce je manquais d’argent. »
    Guy Turcotte

    ☑ Récupération d'un chèque de 353,00$ non encaissé ;
    Le 1er mars 2009 - Guy Turcotte laisse un message sur le répondeur de Nathalie Lemelin - chef technicienne du département de cardiologie de l’Hôtel-Dieu de Saint-Jérôme. - Il commence par s'excuser du chiore causé au département pour ensuite lui demander de récupérer pour lui un chèque non encaissé de 353.00$ laissé sur son bureau. Il demande aussi le remboursement des frais de deux congrès auxquels il avait assisté. Il a indiqué dans quel tiroir de son bureau on pourrait trouver sa facturation.
    Enregistrement du message que Guy Turcotte a laissé sur le répondeur de Nathalie Lemelin.

    MP3 d'une durée de 2 min. 37 sec. écouter

    ☑ les remerciements et la calculatrice ;
    « Je te remercie Nathalie pour ton sourire qui m’a toujours fait du bien. Ma calculatrice, je la lègue à Marie-Josée. Tu salueras Jean ( - Gautier, cardiologue et chef du département - ), un grand professionnel. Patrick, j’admire son sens clinique. Merci à Annie pour son empathie. Dis à Dominic que je ne le dérangerai plus, je ne lui demanderai plus de service »
    Guy Turcotte

    s'occuper l'esprit ;
    « Je me suis occupé de toutes ces choses pour occuper mon esprit. J'étais obsédé, je faisais n'importe quoi pour ne pas repenser aux images ( - des enfants - ) que j'avais sans arrêt. »
    Guy Turcotte

    Guy Turcotte avait toujours envie de se suicider mais il ne le pouvait pas.
    « À l'institut Pinel, j’étais dans une cellule sécuritaire. Je voulais mourir plus que jamais. Je faisais des crises, je criais que je voulais mourir. Mais à Pinel c’est impossible de se suicider. J’étais toujours en sous-vêtement, avec une paire de bas, un t-shirt, une couverture épaisse et même pas de drap pour me pendre. La cellule était fouillée chaque fois que j’y entrais. »
    Guy Turcotte
    -


  • ☑ Pour sa dernière question - Me Claudia Carbonneau - a demandé à Guy Turcotte s'il avait pensé à Isabelle Gaston quand il a assené le premier coup de couteau à son fils Olivier. Guy Turcotte a répondu «Non».
    ☑ Fin du témoignage de Guy Turcotte. - Du 9 mai au 19 mai 2011. - 8 jours -
    ☑ Demain la cour entendra le témoignage du pharmacologue Louis Léonard - témoin de la défense. -

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  • - vendredi 20 mai 2011 -
    témoignage du pharmacologue Louis Léonard
    - toxicologue judiciaire et professeur à l'université de Montréal -
    - première partie -

    ☑ Le pharmatologue Louis Léonard - originaire de Saint-Jérôme - est spécialiste des drogues et autres substances intoxicantes pouvant modifier le comportement.
    ☑ Les avocats de la défense de Guy Turcotte font valoir que son intoxication au moment du crime était tel qu'il ne pouvait avoir totalement concience de ce qu'il faisait.

    Le Dr Louis Léonard à propos du méthanol ;
    Le méthanol altère les facultés mais moins intensément que l’alcool ordinaire.
    « Seulement 6 % des personnes qui tentent de se suicider par l’ingestion de méthanol vont mourir. La vaste majorité survivent. »
    - selon des statistiques compilées aux États-Unis -
    Dr Louis Léonard
    « Nul besoin d’avoir consommé une grande quantité de méthanol pour que le cerveau soit sérieusement affecté. Surtout pour les personnes ayant un historique de dépression et de troubles mentaux. »
    Dr Louis Léonard
    Le méthanol - alcool méthylique - peut provoquer de l’amnésie et des problèmes de conscience plus rapidement que ce qu’a affirmé la toxicologue Anne-Marie Faucher - témoin de la couronne qui a témoigné le 28 avril 2011

    Selon la toxicologue Anne-Marie Faucher ;
    La quantité de lave-glace qu'avait ingurgité Guy Turcotte était telle qu'il serait mort s'il n'avait pas reçu de soins médicaux - mais la mort aurait été longue à venir.
    L’échantillon sanguin de Guy Turcotte qu'elle a eu à analyser révélait la présence de 310 milligrammes de méthanol pour 100 millilitres de sang. -
    Une intoxication au lave-glace cause des effets similaires à l’éthanol - qui se trouve dans la bière ou le vin - mais d’une intensité bien moindre.
    Suivant l’intoxication, il peut s'en suivre une longue période de latence sans symptômes - de 6 à 30 heures -
    de retour au Dr Louis Léonard ;
    Le pharmacologue précise que si cette donnée était généralement véridique - 6 à 30 heures selon Anne-Marie Faucher - elle n’était pas exacte dans tous les cas et que la période de latence pouvait, - selon le peu de statistiques d’intoxication au méthanol chez l’humain - durer aussi peu qu’une heure et autant que 72 heures.
    ☑ Après une heure de latence, il n’est pas impossible que l’intoxiqué développe des troubles de conscience, d’amnésie et autres troubles digestifs et métaboliques.
    ☑ Dans les instants suivants l'ingestion du méthanol les symptômes sont semblables à l’ivresse de l’alcool ordinaire et sont d’une intensité allant du tiers à la demie de ceux observables chez quelqu’un qui « prend un coup ».
    ☑ La quantité de la consommation et la rapidité d'ingestion sont des facteurs ayant un impact certain.
    Ainsi, si une grande quantité de méthanol est consommée en peu de temps, cela pourrait entraîner la cécité et altérer aussi l’état de conscience.
    Dans certains cas, il peut même causer l’amnésie.
    Dans la maison où les meurtres ont été commis, un bidon de quatre litres de lave-glace a été trouvé presque vide. - en fait il n'en restait qu'un sixième -

    Conclusion du Dr Louis Léonard ;
    - L’échantillonnage d’intoxiqués au méthanol n’est pas énorme puisque aucune étude sur des volontaires humains n’a jamais été menée étant donné la toxicité extrême du produit.
    ☑ J'ai témoigné sur le rôle des substances intoxicantes dans des centaines de causes judiciaires mais c'est la première fois dans un cas où le méthanol est impliqué.
    ☑ Cette substance, très toxique, peut amener des problèmes digestifs, oculaires et peut causer la perte de mémoire d'une façon variable selon l'individu.
    ☑ Selon différentes études. Une infime partie de ceux qui ont tenté de se suicider de cette façon y sont parvenus.
    « Le méthanol n’est pas le numéro gagnant comme produit pour se donner la mort. Il cause surtout beaucoup de complications physiques »
    Dr Louis Léonard
    « Les trous de mémoire de Guy Turcotte concernant le soir du drame - il n'a que des flash de ce qu'il a fait - s’expliquent aisément par la consommation du méthanol. »
    Dr Louis Léonard

    Ajournement du procès
    Lundi étant un jour férié - Journée nationale des Patriotes - le témoignage de Louis Léonard se poursuivra mardi matin. -


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    Sixième semaine du procès de Guy Turcotte

  • - mardi 24 mai 2011 -
    témoignage du pharmacologue Louis Léonard
    - toxicologue judiciaire et professeur à l'université de Montréal -
    - deuxième partie -

    ☑ Les hypothèses du Dr Léonard - exposés ci-dessous - reposent sur le témoignage de Guy Turcotte ainsi que sur les données fournies plus tôt au cours du procès par la toxicologue judiciaire Anne-Marie Faucher.
    ☑ La toxicologue Anne-Marie Faucher avait indiqué que lors de l’admission de Guy Turcotte à l’Hôtel Dieu de Saint-Jérôme vers midi le 21 février 2009 qu'il présentait un taux de méthanol de 310 milligrammes par 100 millilitres de sang.
    À PARTIR DE CES DONNÉES LE Dr LÉONARD EXPOSE SES CALCULS ;
    Le méthanol s’élimine du sang en général à une cadence de 2 mg par 100 millilitres à l’heure. - contrairement à 15 mg pour l’alcool ordinaire contenu dans la bière ou le vin par exemple - .
    Le Dr Léonard a aussi fait des calculs en fonction d’un taux d’élimination de 8,5 milligrammes à l’heure - puisque cela s’est déjà vu, selon la littérature scientifique -
    Louis Léonard considère donc que si Guy Turcotte a comme il le dit calé une importante quantité de méthanol vers 20h00 le 20 février 2009, il aurait atteint vers 22 h ce soir là un taux de méthanol entre 339 et 433 milligrammes par 100 millilitres de sang.
    ☑ On sait qu’au cours de cette période de temps, Guy Turcotte a longuement parlé à sa mère au téléphone.
    Marguerite Fournier avait témoigné le 19 avril 2011 - en tant que témoin de la couronne - de l'état d'esprit de son fils ;
    « Mon fils me semblait comme dans un autre monde et j'avais de la difficulté à maintenir la conversation. »
    Marguerite Fournier -
    lors de son témoignage Madame Fournier avait affirmé que la conversation téléphonique entre elle et son fils s'était terminé à 21h40 -

    Le Dr Louis Léonard a ensuite - par une autre série de calculs - tenté de démontrer au jury à quoi, en matière d’alcool ordinaire pouvait correspondre la quantité de méthanol ingurgitée par l'accusé.
    En fonction d'une élimination normale de 2mg par 100 ml à l'heure
    et en fonction d'une élimination de 8,5 mg par 100 ml à l'heure.
    Louis Léonard, établi qu’à 22h00 le 20 février 2009, Guy Turcotte se trouvait dans un état correspondant à un taux d’alcoolémie variant entre 113 et 216 milligrammes d’alcool par 100 millilitres de sang.
    Comparaison d'élimination
    sur l'état d'alcoolémie de Guy Turcotte
    à 22h00 le 20 février 2009
    si Guy Turcotte élimine
    2 mg par 100 ml à heure
    - élimination normale
    chez l'individu -
    si Guy Turcotte élimine
    8,5 mg par 100 ml à heure
    - élimination supérieure
    chez certains individus -
    taux d'alcoolémie à 22h00
    113 mg par 100 ml de sang
    taux d'alcoolémie à 22h00
    216 mg par 100 ml de sang
    ce qui équivaut à
    1,1 bouteille de vin
    ou
    5,5 bières
    ou
    8,3 shooters d'alcool à 40%
    en une heure
    ce qui équivaut à
    1,9 bouteille de vin
    ou
    10 bières
    ou
    15 shooters d'alcool à 40%
    en une heure

    Pour tenter de mettre fin à ses jours après les meurtres de ses deux enfants, le soir du 20 février 2009, Guy Turcotte aurait ingurgité au moins 700 millilitres de lave-glace.
    Louis Léonard a obtenu cette donnée en effectuant des rétrocalculs d'élimination, et des transpositions, à partir du taux de méthanol que Guy Turcotte avait dans son sang à 12h27 le 21 février 2009 - 310 mg par 100 ml de sang - soit peu de temps après son arrivée à l'hôpital de Saint-Jérôme.
    ☑ La concentration retrouvée dans le sang de Guy Turcotte aurait été mortelle, s'il n'avait pas reçu de soins.
    ☑ Guy Turcotte affirme ne pas savoir la quantité de lave-glace qu'il a ingurgitée, ni à quelle heure il l'a fait. Il pense avoir bu le poison avant de tuer ses enfants.
    ☑ Il en a peut-être bu après aussi puisque du sang est apparent sur le bidon de lave-glace retrouvé dans une des salles de bain à l'étage.

    ☑ Quelques observations du Dr Louis Léonard
    « Si on a déjà des problèmes mentaux ou des idées suicidaires, mettre cet alcool - le méthanol - dans un tissu nerveux fragilisé peut certes accentuer ses problèmes et provoquer des effets encore plus marqués que chez une personne normale »
    Dr Louis Léonard
    « L'ingestion massive de méthanol peut provoquer chez un individu la confusion - affecter le jugement - altérer la mémoire - et conduire à la perte de contrôle sur les émotions. »
    Dr Louis Léonard
    « Avec le méthanol il est difficile d'être précis puisqu'en raison des dangers de ce produit, les scientifiques ne mènent pas de test de laboratoire sur des humains. »
    Dr Louis Léonard

    Louis Léonard - témoin de la défense - sera ensuite contre-interrogé par la Couronne.
    -

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  • - mercredi 25 mai 2011 -
    témoignage du pharmacologue Louis Léonard
    - toxicologue judiciaire et professeur à l'université de Montréal -
    - troisième partie -
    - contre-interrogatoire du témoin de la défense - -

    D'entrée de jeu, Me Claudia Carbonneau a mis en doute la validité des théories du pharmacologue de la défense - le Dr Louis Léonard -
    Allant même jusqu'à suggérer que Guy Turcotte n'était pas réellement intoxiqué lorsqu'il a poignardé ses enfants.
    L'avocate de la couronne a laissé entendre que l'expertise du pharmacologue n'avait aucune valeur puisque toute sa thèse était basée sur la possibilité que l'accusé avait ingurgité entre un et deux litres de lave-glace avant les meurtres de ses enfants le soir du 20 février 2009.
    Guy Turcotte ; ingestion - versus - temps
    « Si la consommation de lave glace de Guy Turcotte ne se fait pas entre 20h10 et 20h30 comme il le dit, votre expertise n’a aucune valeur. »
    Me Claudia Carbonneau

    « Mes conclusions ont reposé sur le scénario qui m'a été suggéré par la défense. S’il a plutôt bu à 05h00 du matin - ça n’est pas de mon ressort. Je fais mon analyse selon ce qu’on me dit. La crédibilité de l’accusé, ce n’est à moi de l’évaluer. »
    Dr Louis Léonard

    La couronne émet une probabilité
    « Et si Guy Turcotte avait avalé la plus grande quantité de méthanol en fin de soirée - c'est à dire à partir de 23h00 - soit après les crimes reprochés. -
    Notamment dans la salle de bain alors qu'il se voyait en caler des verres et qu'il avait du sang sur les mains.
    »
    Me Claudia Carbonneau

    « Selon le témoignage de Guy Turcotte qu'on m'a fourni - il a bu du méthanol à trois reprises, dont au moins une fois alors qu’il avait les mains tachées de sang - donc possiblement après avoir commis les meurtres. - »
    Dr Louis Léonard

    « Quelle quantité de méthanol avait-il ingurgité avant de passer à l’acte ? »
    Me Claudia Carbonneau

    « Il m'est impossible de l'affirmer avec certitude. Si sa consommation s’est faite en plusieurs étapes, son degré d’ébriété a dû grimper en escalier, et non en flèche.
    Chose certaine toutefois, pour se retrouver à un taux de 310 milligrammes à midi, il faut nécessairement qu’à un moment dans les heures précédentes, il se soit retrouvé à un degré plus élevé.
    »
    Dr Louis Léonard

    les échantillons sanguins
    Me Claudia Carbonneau a étayé sa thèse avec deux échantillons sanguins prélevés sur Guy Turcotte dans l'après-midi suivant les meurtres, à l'hôpital de Saint-Jérôme, à deux heures d'intervalle.
    « Les résultats du second test montrent un taux de méthanol plus élevé que le premier dans l'organisme de Turcotte. Ce qui laisse présager qu'il était toujours dans une phase d'absorption ascendante du produit toxique ingéré. »
    Me Claudia Carbonneau

    « C'est une opinion que je ne partage pas, parce que la marge d'erreur est trop importante entre les deux analyses. »
    Dr Louis Léonard

    Le juge Marc David procède à un rappel à l'ordre
    L'avocat de la défense Me Pierre Poupart avait critiqué avec véhémence la façon dont son témoin Louis Léonard était contre-interrogé par Me Claudia Carbonneau.
    Le juge Marc David a alors rappelé à Me Pierre Poupart qu'il n'accepterait plus ce genre de comportement dans sa salle d'audience.

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  • - mercredi 25 mai 2011 -
    témoignage de Isabelle Desjardins
    - pharmacienne -

    Madame Desjardins est venue témoigner qu'elle avait renouvelé vers 18h00 le 19 février 2009 ( la veille des meurtres ) - à la demande de Guy Turcotte - des prescriptions pour Olivier Turcotte.
    « Il s'agissait de médicaments destinés aux enfants, notamment une crème anti-inflammatoire pour les infections cutanées, ainsi qu'une pompe pour le petit Olivier, qui faisait de l'asthme. »
    Isabelle Desjardins

    Me Pierre Poupart a voulu démontrer avec ce témoignage que dans les heures précédant les meurtres - Guy Turcotte pensait au futur et non pas à la mort de ses enfants.

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  • - mercredi 25 mai 2011 -
    Début du témoignage de Dominique Bourget
    - psychiatre -



    Au début de son témoignage le Dre Dominique Bourget a été questionnée sur son curriculum vitae et à la fin de l'exercice elle a été déclarée témoin experte en psychiatrie légale.
    Dre Dominique Bourget - 25 années d'expérience - est clinicienne à l'hôpital Royal d'Ottawa et est spécialisée dans l'analyse des parents homicidaires.
    Elle a été chargée par la défense d'évaluer l'état mental de Guy Turcotte au moment où il a tué ses deux enfants.
    « Me Pierre Poupart m'a demandé en 2009 une expertise psychiatrique de M. Turcotte. Je devais le rencontrer, l'évaluer et faire mon opinion la plus objective sur son état mental au moment des événements. »
    DreDominique Bourget

    Dominique Bourget a rencontré Guy Turcotte deux fois - au Centre de détention Rivière-des-Prairies - au début de 2010 - le 14 janvier et le 19 mars
    Elle a aussi pris connaissance de la preuve policière - le dossier médical de Guy Turcotte et a lu les notes de l'enquête préliminaire - qui s'est tenue en février et mars 2010 -
    Madame Bourget a par la suite produit un rapport résumant ses observations et ses conclusions. - ce document est assorti d'un glossaire visant à aider le jury à comprendre les termes utilisés dans le rapport. -
    Le Dre Dominique Bourget a lu chacun des termes du glossaire - à l'intention du jury - ;

    Le juge Marc David a ajourné le procès et le témoignage de la psychiatre Dominique Bourget se poursuivra demain.

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  • - jeudi 26 mai 2011 - 26e jour -
    Témoignage de la psychiatre Dominique Bourget
    - deuxième partie -



    Rapport d'évalution de Guy Turcotte suite aux deux rencontres en 2009
    ☑ À la demande de Me Pierre Poupart - avocat de Guy Turcotte - le Dre Dominique Bourget a rencontré Guy Turcotte deux fois - le 14 janvier 2009 et le 19 mars 2009 - pour dresser un rapport psychiatrique à son sujet et évaluer sa responsabilité criminelle. Elle a remis son rapport de 29 pages le 17 février 2009.
    Extraits :
    « M. Turcotte coopère pleinement à son évaluation - il est calme, mais il a au visage des tics moteurs. L'affect est tendu et déprimé. L'humeur est triste, avec des épisodes de pleurs fréquents pendant l'entretien. Il a un bon jugement et une très basse estime de lui-même. »
    DreDominique Bourget
    ☑ Intelligence supérieure ;
    « Je n'ai eu besoin de soumettre Guy Turcotte à des tests pour me rendre compte que son intellect se situe dans la limite supérieure de la moyenne, voire qu'il est supérieur à la moyenne.
    J'ai aussi noté qu'il était bien orienté dans le temps et l'espace et qu'il avait une capacité de concentration normale. Il n'avait ni illusions ni hallucinations.
    Guy Turcotte souffre de trouble d'adaptation avec anxiété et humeur dépressive.
    Il n'a pas de trouble de la personnalité par contre il a certains traits obsessifs compulsifs - en ajoutant que c'est plutôt une qualité pour un médecin. -
    »
    Dre Dominique Bourget
    ☑ Stress psychosocial ;
    « J'ai trouvé plusieurs facteurs de stress psychosocial pour M. Turcotte au cours des rencontres que j'ai eu avec lui au Centre de détention de Rivière-des-Prairies:

    - sa relation dysfonctionnelle avec sa conjointe - Isabelle Gaston
    - sa découverte de la relation extraconjugale de celle-ci
    - sa séparation
    - son déménagement
    - le stress occupationnel ( - en tant que médecin cardiologue - )
    - le deuil de ses enfants
    - sa situation judiciaire
    »
    Dre Dominique Bourget

    La crédibilité de Guy Turcotte
    « Certains patients sont malhonnêtes et tentent de manipuler les psychiatres chargés de les évaluer. Il existe par contre des techniques qui permettent aux experts d'éviter d'être piégés. »
    DreDominique Bourget

    « Mes rencontres avec Guy Turcotte m'ont convaincue qu'il n'était pas un manipulateur. Ses souvenirs du drame lorsqu'il les relataient était cohérents. La version de Guy Turcotte se tient et elle est restée la même au procès que celle qu'il m'avait raconté il y a un an à la prison de Rivière-des-Prairies. »
    DreDominique Bourget

    La détresse et la confusion
    « La situation de détresse que vivait Guy Turcotte depuis son départ de la maison familiale de Prévost le 26 janvier 2009 s’est rapidement développée en un état dépressif de plus en plus important et intense. Le 20 février 2009 son état mental a atteint son paroxysme. »
    DreDominique Bourget

    « Guy Turcotte m'a dit que le soir du drame il avait parlé cinq minutes au téléphone avec sa mère, alors qu'on sait que cette conversation a duré une heure. Tout cela démontre son état de confusion. Sa perception de la réalité était affectée et perturbée »
    DreDominique Bourget

    « Ce n’est pas la première fois que je vois ça. C’est très insécurisant de ne pas pouvoir se rappeler. On essaie de trouver des repères. Il n’a pas de souvenirs organisés, juste des petits bouts qu’il n’est pas capable de raccorder. »
    DreDominique Bourget

    La dépression et la perturbation de la réalité
    « Les problèmes conjugaux de Guy Turcotte ont provoqué chez lui une dépression sévère. »
    DreDominique Bourget

    « Le soir du 20 février 2009, Guy Turcotte est passé de la colère au découragement le plus total en constatant que la mère des enfants avait fait changer les serrures de leur maison de Prévost.
    Après avoir réalisé que la rupture était inévitable avec Isabelle Gaston - Guy Turcotte avait l'obsession de mourir et il trouvait impensable d'être séparé de ses enfants qui étaient toute sa vie.
    »
    DreDominique Bourget

    « Quand Guy Turcotte a décidé d’amener ses enfants avec lui dans la mort en les poignardant à plusieurs reprises, il souffrait d’une maladie mentale majeure le rendant incapable de s’adapter au stress engendré par l’éclatement de sa famille.
    Il ne réalisait pas tout le mal qu’il était en train de leur faire et sa perception de la réalité était fortement perturbée.
    On peut conclure que son cerveau ne fonctionnait pas de façon normale et rationnelle quand il a pris la décision de tuer ses enfants.
    »
    DreDominique Bourget

    Même diagnostic d'un psychiatre de l'Institut Pinel
    En novembre 2009 - 9 mois après son arrestation - Guy Turcotte qui était détenu à l'Institut Pinel, avait tenté de se suicider en avalant d’un trait 65 comprimés de Rivotril.
    Un psychiatre de l’Institut Pinel avait alors posé le même diagnostic que le Dre Dominique Bourget.

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  • - vendredi 27 mai 2011 - 27e jour -
    Témoignage de la psychiatre Dominique Bourget
    - troisième partie -



    ☑ Les conclusions de la 'PsY'
    1. - Guy Turcotte n'a pu tuer ses enfants de façon préméditée puisqu'il était en perte de contact avec la réalité au moment où il les a poignardé.


    2. - Son jugement était sévèrement perturbé et sa logique défectueuse ce qui l'empêchait d'avoir pleine conscience des gestes qu'il s'apprêtait à commettre.


    3. ☑ La psychiatre Dominique Bourget rejette la thèse de la Couronne - selon laquelle Guy Turcotte a volontairement assassiné son fils Olivier et sa fille Anne-Sophie, sous l'impulsion de la colère et avec l'intention de se venger de la mère des jeunes victimes


    4. - Le 20 février 2009 - le couple était en instance de séparation et l'accusé n'acceptait pas de se voir privé de ses enfants, ni que la mère fasse vie commune avec un des ses amis proche - Martin Huot - . - Guy Turcotte vivait alors une double trahison.


    5. - L'accusé souffrait de graves problèmes psychiatriques, notamment d'un trouble d'adaptation avec anxiété et humeur dépressive.


    6. - Une maladie mentale majeure chez lui a été diagnostiqué - soit un trouble d'adaptation avec anxiété et humeur dépressive - Un désordre psychique très proche de la dépression majeure et pour lequel il aurait dû consulter un professionnel de la santé, plutôt qu'un coach de vie comme il l'a fait avant le drame.


    7. - Obnubilé par l'envie de mourir, il a avalé du lave-glace avant d'avoir la pensée irrationnelle d'emmener ses enfants dans la mort - pour leur éviter la souffrance de le découvrir sans vie.


    8. - L'état dans lequel ont été retrouvées les victimes souligne le caractère aberrant, désorganisé et hors nature du comportement d'un homme décrit comme un père aimant et attentionné.

    Le procès se poursuivra lundi, pour sa 7e semaine, au palais de justice de Saint-Jérôme.

    ☑ Le juge informe la cour qu'au rythme où va le procès il est fort probable qu'il durera près de 10 semaines - au lieu des six à huit prévues au début. -

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    Septième semaine du procès de Guy Turcotte

  • - lundi 30 mai 2011 - 28e jour -
    Témoignage de la psychiatre Dominique Bourget


    - quatrième partie -

    Suite de la conclusion de la PsY

    ☑ Guy Turcotte n'avait plus la capacité d'apprécier la nature et les conséquences de ses gestes.
    « Il est clair d’un point de vue médical qu’il était à ce moment là sévèrement dépressif et hautement suicidaire. Il attribuait ses gestes à un motif qui n’a pas d’allure, soit d’amener ses enfants avec lui pour leur éviter de la souffrance. C’est délirant. Il souffrait d’une sérieuse distorsion cognitive »
    Dre Dominique Bourget
    « Nous sommes en conséquence d’opinion que M. Turcotte n’avait cliniquement plus la capacité d’apprécier la nature et les conséquences de ses gestes au moment où il les posait »
    Dre Dominique Bourget
    Explication du conscient de Guy Turcotte

    « - S’il n’était pas conscient - pourquoi avoir tant parler de ses crimes et pourquoi s'être auto-accusé à qui voulait l’entendre dans les jours et mois qui ont suivi ? - »
    Me Pierre Poupart

    « Il n’était plus en mode automatique. C’est un homme intelligent. Il s’est rendu compte qu’il était encore vivant alors qu’il croyait mourir. Ce fut un dur retour à la réalité, il a des souvenirs qui le terrifient - des flashes - des images de lui en train de donner des coups de couteau à ses enfants »
    Dre Dominique Bourget


    Suite des conclusions du Dre Dominique Bourget

    ☑ Rien dans la preuve ne semblait démontrer que Guy Turcotte avait prévu de se suicider et encore moins de tuer ses enfants jusqu’à quelques heures avant les crimes.
    ☑ 60 % des parents qui tuent leur enfant se suicident après, une proportion qui grimpe à 86 % lorsque ces parents tuent deux enfants ou plus.
    ☑ Il est extrêmement rare qu'un père tue ses enfants par vengeance. Des 60 pères qui ont tué un ou plusieurs de leurs enfants entre 1991 et 2001 au Québec, seulement deux l'ont fait par vengeance. - Dans 64% de ces cas le père souffrait d'une maladie mentale majeure.
    ☑ Guy Turcotte n'avait pas la capacité à formuler une intention de tuer ses enfants en raison de son trouble d'adaptation avec humeur anxieuse et dépressive, de son obsession suicidaire et de son intoxication au méthanol.
    ☑ Il a agi selon une logique défectueuse en voulant amener ses enfants avec lui dans la mort, par compassion, pour leur éviter la souffrance de le trouver sans vie.
    ☑ Guy Turcotte n'avait cliniquement plus la capacité d'apprécier la nature et les conséquences de ses gestes au moment où il les posait
    ☑ Guy Turcotte devrait être déclaré non criminellement responsable du meurtre de ses deux enfants.

    Dre Dominique Bourget











  • - lundi 30 mai 2011 -
    début du contre-interrogatoire de la psychiatre Dominique Bourget
    - par l'avocate de la couronne - Me Marie-Nathalie Tremblay -
    - première partie -

    des détails dommageables

    «
    Je pense que vous avez omis de mentionner plusieurs détails dommageables à Guy Turcotte.

      par exemple ;
    • - les commentaires de Guy Turcotte à l'ambulancier - Bertrand Rochon - alors qu'il lui dit qu'il savait ce qu'il venait de faire.
    • - le message téléphonique - où l'accusé indique à son agent d'immeuble - Martin Nolet - qu'il annule son rendez-vous du lendemain matin.
    • - le comportement lucide de Guy Turcotte à l'hôpital, où il a notamment marchandé les informations - au Dre Marie-Pierre Chartrand - sur la substance qu'il venait d'ingurgiter, en échange des résultats de ses tests sanguins.
      »
    Me Marie-Nathalie Tremblay


    «
    Je ne pense pas que cela ait une importance capitale dans mon évaluation. »
    Dre Dominique Bourget


    inconscient ou réalité

    «
    À l'hôpital, quand il dit au personnel je suis un criminel, j'ai tué mes enfants, laissez moi, ça démontre qu'il réalisait bien ce qu'il avait fait.
    »
    Me Marie-Nathalie Tremblay


    «
    Il semblait avoir été informé de ce qu'il a fait, mais que cela n'empêchait pas qu'il pouvait avoir perdu la carte au moment des crimes.
    »
    Dre Dominique Bourget


    l'échelle de Glasgow

    «
    L'urgentologue Marie-Pierre Chartrand a dit que selon l'échelle de Glasgow, il était parfaitement lucide. Il n'était pas délirant, n'hallucinait pas. Je comprends que ce ne sont pas des éléments que vous vouliez voir apparaître dans votre rapport.
    »
    Me Marie-Nathalie Tremblay


    «
    Le Dre Marie-Pierre Chartrand n'avait pas d'expertise en psychiatrie. L'échelle de Glasgow mesure plutôt l'état physiologique du patient au moment où le test est effectué.
    »
    Dre Dominique Bourget


    l'échelle du raisonnement

    «
    Mais quand M. Turcotte ment, manipule et négocie avec le Dr Chartrand - ça démontre un certain raisonnement de sa part non ?
    »
    Me Marie-Nathalie Tremblay


    «
    Ce type de comportement est fréquent chez les patients suicidaires. Il voulait mourir. Il montrait de la persistance dans son idée.
    »
    Dre Dominique Bourget


    -

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  • - mardi 31 mai 2011 - 29e jour -
    Contre-interrogatoire de la psychiatre Dominique Bourget
    - par l'avocate de la couronne - Me Marie-Nathalie Tremblay -
    - deuxième partie -


    les courriels de la colère

    «
    Dans un échange de courriels avec son ex-conjointe - Isabelle Gaston - en février 2009 - Guy Turcotte a évoqué à pas moins de 22 reprises qu'il était fâché, en colère et en criss. En comparaison, il a fait référence à sa peine et à sa tristesse causées par leur séparation à seulement dix reprises.
    »
    Me Marie-Nathalie Tremblay


    «
    Ce n'est pas une question de combien de fois il dit quelque chose. Lorsque vous effectuez un diagnostic vous ne comptez pas les mots.
    »
    Dre Dominique Bourget


    la plainte à l'infirmière

    «
    Pourquoi n'avez-vous pas mentionné que Guy Turcotte s'était plaint de Isabelle Gaston à une infirmière* qui le soignait à l'hôpital après son arrestation.


    * Il s'agit de l'assistante infirmière Guylaine Paquin qui a témoigné le 21 avril 2011 -
    »
    Me Marie-Nathalie Tremblay


    «
    S'il y avait eu un détail qui aurait changé mon avis d'une façon ou d'une autre je l'aurais écrit dans mon rapport.
    »
    Dre Dominique Bourget


    à propos du scénario

    «
    À quoi pensait Guy Turcotte lorsqu'il a mentionné à la gardienne des enfants - Carole Lachance en avril 2009 - qu'il avait été malheureux pendant les dix dernières années de sa vie et avoir deux ans avant de tuer ses enfants tenté de se suicider - songé à monter un scénario semblable?
    »
    Me Marie-Nathalie Tremblay


    «
    À mon avis, Guy Turcotte faisait allusion à sa propre mort, pas à celles de ses enfants. Mais j'admets que je ne l'ai jamais questionné sur ce fait. Il ne comprenait pas comment il avait pu faire ce qu'il a fait. Il est clair que dans le passé, il n'avait jamais pensé à faire du mal à ses enfants.
    »
    Dre Dominique Bourget


    cerveau déconnecté...

    «
    Comment se fait-il que Guy Turcotte était capable de relater en détail ses flashes lors des meurtres de ses enfants

      dont ;
    • - la façon dont il tenait le couteau à deux mains
    • - la position des jeunes victimes dans leurs lits
    • - la réaction d'Olivier
    • - la réalisation qu'il était en train de leur faire mal
    alors que son cerveau était supposément déconnecté de la réalité, lors des événements tragiques du 20 où 21 février 2009, à Piedmont.

    »
    Me Marie-Nathalie Tremblay


    «
    On ne pourra jamais en être certain si ce qu'il a dit - si ce que son cerveau a enregistré - reflète vraiment ce qui s'est passé.
    »
    Dre Dominique Bourget


    les moments de lucidité

    «
    Comment expliquer les moments de lucidité de l'accusé qui semblent incompatibles avec ceux de la défense.
    »
    Me Marie-Nathalie Tremblay


    «
    Ses souvenirs sont le produit d'un cerveau malade. Mais ça ne l'a pas empêché d'avoir de petits moments de réflexion. Ce n'était pas tout noir ou tout blanc.
    »
    Dre Dominique Bourget


    Me Marie-Nathalie Tremblay relate l'absence de faits importants dans le rapport du phychiatre Dominique Bourget
    défigurer Martin Huot

    Guy Turcotte a exprimé l'envie de défigurer le nouveau compagnon d'Isabelle Gaston parce qu'il prenait sa place auprès des enfants.


    des paroles incriminantes

    Les paroles incriminantes prononcées par Guy Turcotte à Isabelle Gaston lors d'une conversation téléphonique du 17 mai 2009. T’as du culot de m’appeler! Moi je ne suis pas mort parce que j’étais trop fâché contre toi. Je ne voulais pas te laisser d’argent avec mon testament.


    20h00 le soir du drame...

    Lors de son transport en ambulance - le 21 février 2009 - il a précisé qu'il avait tué ses enfants avec un couteau vers 20h00 le soir précédent. Une heure qui ne correspond pas à son témoignage au procès, alors qu’il situait le début de sa consommation de lave-glace aux alentours de 20h00.

    Me Marie-Nathalie Tremblay


    «
    Tous les éléments ont été pris en compte dans ma réflexion, même si ceux-ci n'apparaissent pas nécessairement dans mon rapport écrit. Je voulais que les gens savent où je voulais en venir quand je l'ai écrit.
    »
    Dre Dominique Bourget


    minimiser la colère

    «
    Est-il possible que l'évaluation de l'état mental de Guy Turcotte au moment des meurtres de ses enfants, la psychiatre de la défense aie fait le choix de minimiser la colère exprimée par Guy Turcotte peu avant les événements dramatiques ?
    »
    Me Marie-Nathalie Tremblay


    «
    Les nombreuses manifestations de colère et de frustration de Guy Turcotte avant les meurtres n'ont pas modifié mon opinion. Sa maladie mentale et son obsession suicidaire l'empêchaient de formuler l'intention criminelle de tuer son fils et sa fille.


    Ce fut un drame familial dans lequel il y a eu deux malheureuses victimes. Et c'est la maladie mentale qui est l'élément déclencheur dans tout cela.
    »
    Dre Dominique Bourget


    -

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  • - mercredi 1er juin 2011 - 30e jour -
    Roch-Hugo Bouchard psychiatre
    - - directeur-adjoint à l'Institut de santé mentale de Québec -
    - témoin de la défense -
    - première partie -


    C'est la psychiatre Dominique Bourget qui a fait appel aux services du Dr Roch-Hugo Bouchard afin d'avoir une deuxième opinion.
    ☑ Rapport d'évalution du psychiatre Roch-Hugo Bouchard sur Guy Turcotte
    - suite à la rencontre avec l'accusé le 4 mars 2011 à la prison de Rivière-des-Prairies -
    • - Dès que Guy Turcotte a appris que son ex-conjointe - l'urgentologue Isabelle Gaston - l'avait remplacé par un de ses amis et qu'il devenait un père à mi-temps - après la rupture du couple en janvier 2009 - il ne l'a pas pris et il éprouvait déjà des symptômes dépressifs.
    • - Il se sentait pris dans les sables mouvants. Plus il essayait de sortir, plus il se sentait coincé.
    • - Sa perception des choses était disproportionnée par rapport à une personne normale placée dans la même situation et il était grandement accablé par un mélange de colère et de tristesse.
        Le phychiatre considère que c'est en décembre 2008 que Guy Turcotte a commencé à sombrer, avec trois événements qui l'ont amené dans cette spirale dépressive :
      1. - le 4 décembre 2008 - M. Turcotte a accompagné sa conjointe, Isabelle Gaston, pour une chirurgie esthétique avec laquelle il n'était pas d'accord.
      2. - le 25 décembre 2008 - il s'est retrouvé seul. - Isabelle Gaston était à Cuba avec les enfants - Lui - cardiologue à l'Hôtel-Dieu de Saint-Jérôme - ne pouvait y aller car il était de garde à l'hôpital.
        - Noël était une fête importante pour Guy Turcotte et il estimait que cette fête devrait être célébré en famille. -
      3. - le 31 décembre 2008 - alors que le couple Turcotte-Gaston fêtait dans un bar avec le couple Martin Huot et Patricia Giroux. M. Turcotte était déprimé ce soir -là, il avait l'impression que sa femme s'amusait sans tenir compte de sa présence.
        « Elle dansait avec tout le monde, mais pas avec moi. Personne n'aurait pu dire qu'on était un couple. »
        Guy Turcotte

        ☑ - c'est le 15 janvier 2009 qu'il a appris de Patricia Giroux que sa conjointe - Isabelle Gaston - le trompait depuis un certain temps avec Martin Huot. -

    • - Guy Turcotte a toujours été en bonne santé physique - il avait un dossier de travail impeccable et n'avait jamais touché à la drogue ou à la délinquance durant son adolescence.
    • - Le soir du 20 février 2009 - Guy Turcotte a estimé qu'il avait été remplacé en tant que père, mari et ami. L'accumulation de tous ces échecs ont fait qu'il avait atteint son paroxisme.
    • - Je suis d'avis que le 20 février 2009, M. Turcotte souffrait d'un trouble mental dont l'intensité et la sévérité l'ont rendu incapable de juger de la nature de ses actes et de savoir qu'ils étaient mauvais.
    • - Guy Turcotte ne souffrait pas de maladie mentale comme la schizophrénie, ou la maniaco-dépression et il n'avait pas de trouble de la personnalité mais il se trouvait dans un état dépressif très sévère au moment du drame.
    • - Guy Turcotte avait tous les symptômes de la dépression
      - trouble de sommeil
      - perte d'appétit
      - perte d'énergie

    • - il avait aussi le symptôme de l'incontinence affective - c'est à dire - son incapacité systématique à retenir ses larmes en relatant ses souvenirs du drame et de certains faits marquants de la fracture de son couple avec Isabelle Gaston.
    • - Lorsqu'il a poignardé à mort ses enfants Guy Turcotte n'a pu se comporter autrement en raison de son état dépressif et de son désir de mourir.
    • - Les flashes de Guy Turcotte sont si fortement implantés dans sa mémoire qu'on pourrait les comparés à un militaire souffrant du syndrôme post-traumatique après avoir été témoin d'atrocités.
    • - Deux ans après les meurtres Guy Turcotte est encore déprimé - mais il n'a plus d'idées suicidaires.
    • - Ses traitements aux antidépresseurs ont amélioré son état, mais ne l'ont pas guéri.

    Dr Roch-Hugo Bouchard


    -

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  • - jeudi 2 juin 2011 - 31e jour -
    Roch-Hugo Bouchard psychiatre
    - - directeur-adjoint à l'Institut de santé mentale de Québec -
    - témoin de la défense -
    - deuxième partie -



    Le Dr Roch-Hugo Bouchard a évalué Guy Turcotte en fonction d’une des échelles utilisées en psychiatrie
    la MADRS - ( - Montgomery and Asberg Depression Rating Scale - ).
    Le Montgomery-Asberg Depression Rating Scale ( - MADRS - ) est un questionnaire en dix points qui permet aux psychiatres - dans leur diagnostic - de mesurer la sévérité des épisodes dépressifs chez les patients avec troubles de l'humeur.
    « Le résultat de Guy Turcotte a été de 42 sur 60.
    Avec cette échelle, quand on atteint 30, on considère que c’est une dépression sévère. »

    Dr Roch-Hugo Bouchard


    Suite de l'évaluation psychiatrique de Guy Turcotte
    par le Dr Roch-Hugo Bouchard

      la souffrance des mots
    • - Le 20 février 2009 - Guy Turcotte souffrait d’une douleur extrêmement aigüe causée par les événements des derniers mois certes, mais surtout à cause d’un événement présent, soit la lecture des fameuses lettres échangées entre Isabelle Gaston et son nouveau conjoint, Martin Huot.

      contempler le suicide
    • - Il s’est retrouvé à penser que le suicide était pour lui la seule solution. Ce qui était une erreur - mais sa persistance à penser que le suicide était la seule solution découle d’un problème dans la mécanique du cerveau. Le passage à l’acte a été facilité par son incapacité à choisir autre chose.
    • - Pour qu’une personne atteigne ce stade, il faut que sa maladie mentale n’ait pas été détectée ou soit qu'elle a été mal traitée.
      Prévoir le suicide d’une personne pour une journée donnée est presque impossible.

      le suicide élargi
    • - Guy Turcotte a commis un suicide élargi lorsqu'il a tué ses enfants.
      Je ne crois pas du tout à l'hypothèse voulant que l'accusé ait tué ses enfants pour se venger de son ex-conjointe Isabelle Gaston et ait ensuite décidé de se suicider pour échapper aux conséquences légales et morales du meurtre de ses enfants.
      Cette hypothèse n'est pas la mienne.

      Le black out
    • - Le fait que Guy Turcotte ait eu un black out sur son passage à l’Hôtel-Dieu de Saint-Jérôme - tout l’après-midi du 21 février - et ne se souvienne que de s’être retrouvé, plus tard, aux soins intensifs de l’hôpital Sacré-Cœur de Montréal, démontre encore sa déconnexion du réel.
      Une shot de méthanol pour le PsY
    • - Pour bien comprendre ce qu’entendait Guy Turcotte quand il m'a dit qu’il faut être décidé pour boire du méthanol parce que c’est dégueulasse.
      J'ai moi-même gouté au lave-glace.
      C’est vrai que c’est dégueulasse. Pour en boire il faut le faire rapidement. Ça a un goût un peu ferreux. C’est comme de l’huile de foie de morue, on ne boit pas ça comme du thé.

      Dr Roch-Hugo Bouchard










  • - jeudi 2 juin 2011 - 31e jour -
    Début du contre-interrogatoire du psychiatre Roch-Hugo Bouchard
    - contre-interrogé par Me Claudia Carbonneau -
    - première partie -


    perte d'énergie ?

    «
    Dans la semaine avant les événements ;

  • - il a loué un camion et déménagé des bien lui appartenant
  • - il a eu la garde de ses enfants plusieurs fois
  • - il a travaillé à l'hôpital
  • - il a signé un offre d’achat pour une maison
  • - il est allé voir son coach de vie - Luc Tanguay
  • - il s’est entraîné au gymnase tôt le matin du drame
    Et vous nous dites qu’il manquait d’énergie?
    Il aurait essoufflé n’importe qui ici!
    »
    Me Claudia Carbonneau


  • «
    Ah! Je vois où vous voulez en venir. C’est intéressant. Je n'ai pas dis qu'il était paralysé. Moi j’y vois la preuve que les moyens qu’il a mis en œuvre pour mettre de côté sa douleur ont été un échec.


    C'est ça la tristesse du déprimé. C’est souvent ce genre de comportement qui fait que les gens sont surpris quand un déprimé se tue. Les gens se disent pourtant il travaillait encore hier!
    C'est parce qu'il n'ont pas réussi à se débarrasser de leur douleur.
    »
    Dre Roch-Hugo Bouchard


    -


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    Huitième semaine du procès de Guy Turcotte

  • - lundi 6 juin 2011 - 32e jour -
    contre-interrogatoire du phychiatre Roch-Hugo Bouchard
    - contre-interrogé par Me Claudia Carbonneau -
    - deuxième partie -



    Me Claudia Carbonneau a demandé au psychiatre Roch-Hugo Bouchard des explications sur une expertise qu'il avait rendue en 1997 dans une cause de meurtre et d'une tentative de suicide en spécifiant que ses conclusions étaient diamétralement opposées à celles qu'il a rendues pour Guy Turcotte.
    Roch-Hugo Bouchard avait mentionné lors de son témoignage la semaine dernière qu'il n'avait jamais travaillé par le passé sur un cas de meurtre suivi d'un suicide, ce qu'il appelle un suicide élargi.

    En 1997 - alors qu'il agissait comme expert psychiatre pour la Couronne dans le procès de Jacques Senez - il avait conclu exactement le contraire. L'homme avait pendu sa conjointe - Nancy Guimond qui le trompait - avant de se pendre lui-même. Il avait cependant été sauvé de la mort in extremis.
    Le drame Senez s'était produit dans un contexte de séparation. Le psychiatre Bouchard avait conclu que M. Senez savait ce qu'il faisait - bien qu'il souffrait d'un trouble de la personnalité sévère - et qu'il était responsable de ses actes. L'expert en défense, avait conclu le contraire. M. Senez avait été condamné à la prison au terme du procès.
    Le psychiatre Bouchard a mentionné qu'il ne s'en souvenait pas.
    Me Claudia Carbonneau lui a soumis un document de 57 pages en lien avec cette expertise.
    Le juge Marc David a décrété une pause afin de permettre au témoin expert de relire son témoignage de 57 pages de 1997.
    En revenant devant le jury, le Dr Roch-Hugo Bouchard a fait valoir que le cas Senez était très différent du cas Turcotte.
    «
    J'étais l'expert de la Couronne. M. Senez, je ne l'avais pas examiné, il avait refusé l'examen. Mais c'était complètement à l'opposé de Guy Turcotte. Jacques Senez n'était pas dépressif - il n'avait pas de psychose. C'est le Yin et le Yang. M. Senez, il avait fait 20 tentatives de suicide avant, il avait des problèmes avec la justice, il avait scénarisé son projet depuis quatre mois. Il a tué Nancy Guimond avant. Ici, avec Guy Turcotte, c'est le contraire.
    Ce dossier (1997) et celui de Turcotte sont complètement différents. Cet homme souffrait de troubles de la personnalité, avait des problèmes délictuels. Jacques Senez n’avait pas décidé de tuer sa conjointe après avoir commencé à se tuer lui-même - comme Guy Turcotte -
    «
    Jacques Senez avait pour but de tuer sa conjointe. Il ne souffrait pas de psychose et n’avait pas de perte de contact avec la réalité.
    Guy Turcotte a eu un projet de suicide. En cours de route, il l’a élargi à ses enfants. À mon avis l’intention de tuer ses enfants n’a jamais été formulée de façon sensée par Guy Turcotte.
    D’ailleurs, le fait que personne n’a pu déceler quoi que ce soit qui pourrait mettre la sécurité d’Olivier et Anne-Sophie en danger démontre bien que c’est au cours d’un instant de crise qu’il a agi.
    Aussi en fin d’après-midi le 20 février 2009 - quand Guy Turcotte a appris qu’Isabelle Gaston avait fait changer les serrures de la maison et qu’une violente dispute se soit terminée par tu veux la guerre, tu vas l’avoir elle n’a jamais songé que ses enfants pouvaient être en danger. Elle n’a pas appelé la police - elle a appelé chez MastercardLors du témoignage de Isabelle Gaston le 5 mai 2011 - il avait été mentionné que lorsqu'elle était en route vers Charlevoix, elle a fait annuler la carte de crédit Visa Desjardins sur laquelle Guy Turcotte avait accès à une marge de crédit de 30,000 $. - Visa ou Mastercard ?
    - Elle n’avait pas peur pour la sécurité de ses enfants, elle a eu peur qu’il fasse des dépenses inconsidérées sur leur compte conjoint.
    »
    Dr Roch-Hugo Bouchard

    ☑ Le psychiatre Roch-Hugo Bouchard a ajouté qu'il avait pris connaissance de l'expertise de son vis-à-vis pour la Couronne dans le procès Turcotte, le psychiatre Sylvain Faucher et qu'il ne partageait pas son opinion.
    Le psychiatre Sylvain Faucher doit témoigner pour la couronne plus tard cette semaine.
    Une infirmière de l'Institut Pinel à la barre
    - témoin de la défense -
    Après les meurtres Guy Turcotte a été détenu à l'Institut Pinel
    Le 17 mai 2009 - 3 mois après le drame - Isabelle Gaston a appelé Guy Turcotte à cet établissement.
    Les avocats de Guy Turcotte ont voulu démontrer avec ce témoignage qu'il avait vécu cette conversationGuy Turcotte lui aurait dit «J’ai gâché ma vie. Je ne verrais plus jamais une tulipe fleurir. T’as du culot de m’appeler! Moi je ne suis pas mort parce que j’étais trop fâché contre toi. Je ne voulais pas te laisser d’argent avec mon testament.» avec Isabelle Gaston très intensément.
    Me Pierre Poupart a fait lire à l’infirmière Annick Saint-Jean qui travaillait et surveillaitGuy Turcotte était constamment sous le coup d’un protocole de mesures anti-suicidaires (MAS), ce qui implique qu’elle devait avoir avec lui un contact visuel chaque 15 minutes le contenu de son cahier de notes des 17 et 18 mai 2009.
    « Il reçoit un appel, intègre sa chambre en pleurant abondamment, je le visite aux cinq minutes, je lui offre de l’aide, repas offert, en partie refusé. »
    Annick Saint-Jean
    En contre-interrogatoire l’infirmière a indiqué que Turcotte faisait généralement partie de la vie de l’unité de soins - que parfois il souriait et qu’il lui arrivait d'être fâché. - en mars l'infirmière avait noté que Guy Turcotte était en tabarnac. -
    Planification financière
    Suzanne Verreault - une planificatrice financière - a témoigné que Guy Turcotte l’avait appelé le matin du 20 février 2009 pour lui parler du financement de sa nouvelle propriété qui devait être inspectée le lendemain. Tout avait l’air normal selon elle.
    Guy Turcotte l’a rappelée, le 2 mars 2009 - 10 jours après le drame -
    «
      Il avait des requêtes très spécifiques.
    • - Il voulait changer les bénéficiaires de son testament
    • - il voulair arrêter le prélèvement automatique pour ses REER puisqu’il ne recevait plus de salaire
    • - il voulait modifier ses placements pour quelque chose de plus sécuritaire, parce qu’il aurait des avocats à payer
    • - il désirait aussi changer le bénéficiaire de son assurance-vie.

    Il disait qu’à Pinel, il n’avait pas grand-chose à faire, qu’il avait beaucoup de temps pour penser à réorganiser ses affaires
    »
    Suzanne Verreault
    En contre-interrogatoire Suzanne Verreault a mentionner à Me Claudia Carbonneau avoir été stupéfaite de recevoir cet appel - Madame Verreault a aussi des enfants -
    « Je n’étais pas certaine si je devais répondre à ses demandes. Pour être certaine j’ai appelé au siège social. Ils m’ont dit c’est un client malgré tout et il faut s’en occuper. »
    Suzanne Verreault

    -

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  • - mardi 7 juin 2011 - 33e jour -
    - dernier élément de preuve de la défense

    - début du témoignage du Dr Jacques Talbot
    - témoin de la couronne -
    - première partie -

    dernier élément de preuve de la défense
    Il s'agit des vidéos de surveillance du club vidéo Vidéozone, sur lesquels apparaissent M. Turcotte et ses deux enfants, vers 16h30, le 20 février 2009. Ils y ont loué des films, notamment Caillou, et acheté des friandises. Quelques heures plus tard Guy Turcotte poignardait ses enfants à mort dans la maison de Piedmont.
    Pour visualiser cette vidéo cliquez ici
    début du témoignage du Dr Jacques Talbot

    Dès le début de son témoignage, le Dr Jacques Talbot - 43 ans d'expérience - a indiqué qu'il se sentait lié en raison de son lien professionnel avec Guy Turcotte et qu'il ne pourrait témoigner à moins que la Cour ne le libère de son secret professionnel.
    Après des discussions et une heure de débat le juge Marc David a accepté.
    ☑ - Le Dr Jacques Talbot n’a pas témoigné au procès de Guy Turcotte dans le but d’émettre une opinion sur son état mental ou sa responsabilité criminelle au moment des meurtres. Il a témoigné à titre de médecin traitant. La Couronne l'a fait témoigner en contre-preuve, pour montrer dans quel état d'esprit se trouvait Guy Turcotte après les événements - alors qu'il était incarcéré à l'Institut Philippe-Pinel puis à l'établissement de détention de Rivière-des-Prairies. -
    Guy Turcotte est arrivé à l'institut Pinel le 26 février 2009 - 5 jours après avoir poignardé ses enfants -
    À notre première rencontre j'ai avisé Guy Turcotte qu'il ne devait pas lui parler des événements comme tels, car il pourrait être appelé à témoigner.
    Je l'ai suivi deux à trois fois par semaine.
    Il était identifié comme suicidaire mais était cohérent. Il avait cependant des flous de mémoire.
    Guy Turcotte a montré des traits de narcissisme et avait tendance à intellectualiser la situation. Mais il n'a pas montré de signes de dépression majeure ou de psychose.
    « Il avait une conscience normale, il n’était pas confus ni désorienté, il était cohérent. Il avait des flous amnésiques. Il avait des souvenirs parcellaires, des trous de mémoire. Il avait de la tristesse et beaucoup d’anxiété. Il s’est mis en retrait des autres patients »
    Dr Jacques Talbot

    ☑ Dans les mois suivant son incarcération - Guy Turcotte avait un sentiment de fin de vie.
    « Il présentait de la tristesse, du désespoir et du désarroi devant ce qui lui arrivait. Il avait un sentiment de fin de vie. La mort serait mieux pour lui. Il disait mériter cette souffrance et trouvait étrange que sa famille l'encourageait et que le personnel de l'hôpital soit si gentil avec lui »
    Dr Jacques Talbot

    ☑ Guy Turcotte ne voulait pas être amorti par la médication.
    « Moi, je m'interdis de rêvasser. Je suis passé maître dans l'art de camoufler mes émotions. »
    Guy Turcotte

    ☑ Selon le Dr Jacques Talbot - Guy Turcotte faisait de la fuite en avant par l'action plutôt que de s'arrêter à l'intolérable.
    « Il a voulu que ses parents fassent ci et ça. Il leur a fait une liste d’épicerie, par exemple régler son cas avec le Collège des médecins, annuler son assurance responsabilité professionnelle. C’est de l’évitement, ça témoignait de sa façon d’aménager son stress. C’est de la fuite en avant »
    Dr Jacques Talbot

    ☑ Pour la Couronne, ces fuites en avant démontre un grand degré de maîtrise de soi incompatible avec un état mental trop troublé pour réaliser, quelques temps auparavant, qu’il faisait souffrir ses enfants.
    « Chez les patients en psychiatrie, après un geste suicidaire ou homicidaire sérieux, il se produit très très souvent un aménagement intérieur du patient, une amélioration clinique. Mais était-il mieux ou pire avant le crime, ça, je ne peux le dire. »
    Dr Jacques Talbot

    ☑ Le surlendemain de l'appel d'Isabelle Gaston le psychiatre l'a rencontré. Il avait de la colère au sujet de sa relation avec son ex-conjointe.
    « Il m’a dit qu’il était surpris de cet appel, mais rassuré par le ton d’Isabelle Gaston. Il parlait de sa colère liée à l'infidélité de son épouse et de leurs difficultés conjugales passées. C'était difficile à vivre pour lui. »
    Dr Jacques Talbot

    ☑ Guy Turcotte s'est emporté contre le Dr Talbot quand ce dernier a refusé à l'abbé Raymond Gravel la permission de rencontrer l'accusé pour préparer son homélie, en vue du service religieux des victimes, Olivier, 5 ans et Anne-Sophie, 3 ans.
    « Je trouvais cela inapproprié à ce moment-là. C'était encore chaud. Il s'est fâché contre moi et m'a reproché d'avoir décidé à sa place. Il a insisté et a pu voir l'abbé par la suite. Après ces événements je suis allé en vacances. Quand je suis revenu, il m'a dit qu'il était encore en colère contre moi. »
    Dr Jacques Talbot

    ☑ Le psychiatre a refusé de conclure à une dépression majeure. - Il a plutôt posé un diagnostic de trouble d'adaptation avec humeur anxieuse et dépressive.
    « Guy Turcotte avait érigé un barrage défensif pour se protéger de ses émotions. Il avait une tendance à la fuite en avant, plutôt que d'affronter les difficultés. Durant son séjour de 11 mois Guy Turcotte à toujours été en contrôle de ses moyens »
    Dr Jacques Talbot

    ☑ Guy Turcotte avait toujours exercé un grand contrôle sur sa vie et sur les émotions qu’il laissait paraître.
    « C’est une caractéristique de toute sa vie. Devant les émotions il a une attitude de réserve. Il a de la difficulté à les gérer, à en parler. Il est méticuleux, précis, a des traits de personnalité obsessionnels. Il fait de l’évitement, il ne s’arrête pas aux choses lourdes. »
    Dr Jacques Talbot
    « C’est plus facile pour lui de réagir à des situations comme ça que de très graves comme la perte de ses enfants. Guy Turcotte était incapable de voir des enfants, des couteaux, ou d’écouter des films policiers. »
    Dr Jacques Talbot


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  • - mardi 7 juin 2011 - 33e jour -
    - témoignage du psychiatre Sylvain Faucher
    - témoin de la couronne -
    - première partie -


    Sylvain Faucher a rencontré Guy Turcotte pendant trois heures et demi le 5 avril 2011.
    ☑ d'entrée de jeu
    « Malgré le chaos phychologique que Guy Turcotte subissait la nuit où il poignardé ses deux enfants - il savait très bien ce qu'il faisait ce soir là. Il s'est perçu comme la victime de son ex-conjointe et il a sacrifié ses enfants sur l’autel de sa colère contre Isabelle Gaston. Son geste était désespéré mais délibéré et il doit être tenu responsable. »
    Dr Sylvain Faucher

    ☑ conscient de ses actes
    « Même s'il ne sait pas pourquoi - il savait ce qu'il faisait. Que ce soit fait par altruisme - par colère - ou les deux ensemble - ou pour d'autres raisons, il était au courant de ce qu'il faisait. »
    Dr Sylvain Faucher

    ☑ d'accord avec les psychiatres de la défense
    « Je suis d'accord avec les deux experts psychiatres qui ont témoigné pour la défense et qui ont conclu que Guy Turcotte souffrait d'un trouble d'adaptation après la rupture de son mariage turbulent. Mais contrairement à eux je ne crois pas que le trouble mental dont il souffrait a détraqué son cerveau au point de l'empêcher de pouvoir faire la différence entre le bien et le mal. »
    Dr Sylvain Faucher

    ☑ Guy Turcotte avait du mal à exprimer ses émotions
    « Lorsqu'il a lu les courriels que s'étaient échangés Isabelle Gaston et Martin Huot - quelques heures avant de tuer ses enfants - la frustration et la colère ont été un moyen de légitimer et de justifier ces sentiments envers ceux qui étaient prêts à tout lui enlever. Je pense que c'est le moteur qui a engendré le drame. »
    Dr Sylvain Faucher

    ☑ conscient du temps et conscient de son environnement
    - LE TEMPS : -
    « Il a réussi à appeler son agent immobilier et la gardienne des enfants pour annuler des rendez-vous pour le lendemain.
    - L'ENVIRONNEMENT : -
    Quand il a parlé à sa mère, il était conscient que les enfants étaient dans leurs lits..
    »
    Dr Sylvain Faucher

    ☑ sa tentative de suicide
    « Lorsque Guy Turcotte a décidé de se tuer en se poignardant c'est parce qu'il se souvenait de la souffrance que sa femme lui avait causé. Il était capable de se souvenir et d'apprécier l'efficacité de ce qu'il allait faire. »
    Dr Sylvain Faucher

    ☑ Le meurtre de ses enfants
    « Lors de son témoignage, Guy Turcotte a dit qu'il savait après le premier coup de couteau à Olivier qu'il lui faisait mal - il a paniqué et a continué. Était-ce la peur de ne pas réussir à les emmener avec lui ou une colère qui l'a poussé à réagir?
    Selon la littérature scientifique, plus la violence utilisée pour tuer est excessive, plus il y a de chances que le crime soit motivé par la peur, la colère ou le sadisme.
    Comme Guy Turcotte n'est pas sadique, il a agi soit par crainte de ne pas réussir à les tuer ou sous le coup de la colère qu'il ressentait.
    »
    Dr Sylvain Faucher

    -

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  • - mercredi 8 juin 2011 - 34e jour -
    - témoignage du Dr Sylvain Faucher
    - témoin de la couronne -
    - contre interrogatoire - première partie -


    Me Pierre Poupart a mis en doute l'expertise du psychiatre Sylvain Faucher dans la cause de Guy Turcotte
    Le Dr Sylvain Faucher n'a jamais témoigné ou offert de l'expertise dans un procès ou le méthanol était en cause
      points du témoignage de Sylvain Faucher ou le psychiatre n'aurait pas tenu compte de l'effet du méthanol
    • - Malgré le chaos phychologique que Guy Turcotte subissait la nuit où il poignardé ses deux enfants - il savait très bien ce qu'il faisait.
    • - Je ne crois pas que le trouble mental dont il souffrait a détraqué son cerveau au point de l'empêcher de pouvoir faire la différence entre le bien et le mal.
    • - Guy Turcotte était conscient au moment des meurtres.

      points du témoignage de Sylvain Faucher ou le psychiatre est diamètralement en opposition avec la défense
    • - C'est la colère qui a fait de lui un meurtrier.
    • - Son geste était désespéré mais délibéré.
    • - Il doit être tenu criminellement responsable.

    le psychiatre Sylvain Faucher a rarement témoigné dans des cas d'infanticides
    Le Dr Sylvain Faucher a témoigné dans la cause du meurtre des enfants de Cathie Gauthier-Lachance survenu le 31 décembre 2008 à Saguenay.
      points de similitude entre la cause Cathie Gauthier-Lachance et celle de Guy Turcotte
    • - le 31 décembre 2008 - après un souper pizza - Cathie Gauthier a donné le bain à ses deux plus jeunes enfants
    • - vers 19h00 - Louis-Philippe (4 ans) - Joëlle (12 ans) et Marc-Ange (7 ans) se sont installés dans le salon pour écouter le film Voyage au centre de la Terre
    • - selon la version de Cathie Gauthier, son conjoint - Marc Laliberté - aurait dissout de l'Oxazépam ( - un médicament contre l'anxiété - ) et des Gravol dans les breuvages des enfants ainsi que dans le breuvage de sa femme - un Cooler -
    • - après avoir bu son Cooler l'accusée a dit ne plus se souvenir de rien
    • - Cathie Gauthier dit s'être réveillée - alors qu'il faisait jour - le bras droit tailladé et ses enfants couchés - en fait ils étaient déjà morts - à ses côtés dans le lit du couple
    • - c'est peu avant minuit le 1er janvier 2009 qu'elle a appelé les secours
    • - les ambulanciers ont découvert une note collée sur la porte de la chambre du couple disant: « Ne pas nous réanimer. Notre désir est de partir en paix. S.V.P. merci. »
    • - les corps des trois enfants étaient allongés en position funèbre et celui de Marc Laliberté était sur le plancher à la base du lit - mort - un poignet tailladé
        - au terme de trois semaines de procès le juge Jean-Claude Beaulieu avait donné aux jurés trois verdicts possibles :
      1. - meurtre prémédité
      2. - meurtre non prémédité
      3. - acquittement

      Le samedi 24 octobre 2009 - Cathie Gauthier (35 ans) a été reconnu coupable du meurtre prémédité de ses trois enfants
    • - le jury de 11 personnes avait rendu leur jugement après quatre jours de délibérations
    • - elle a écopé d'une peine d'emprisonnement à perpétuité sans possibilité de libération avant 25 ans

    -

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  • - jeudi 9 juin 2011 - 35e jour -
    - témoignage du Dr Sylvain Faucher
    - psychiatre de l’hôpital psychiatrique Robert Giffard de Québec
    - témoin de la couronne -
    - contre interrogatoire - deuxième partie -



    En début de contre interrogatoire Me Pierre Poupart a voulu en savoir un peu plus sur le rôle du Dr Sylvain Faucher dans l'une des pires erreurs judiciaires de l'histoire du Québec.
    Il s'agit de l'affaire Simon Marshall - injustement identifié comme l'agresseur de Sainte-Foy - il plaida coupable en 1997 pour viols et condamné à cinq ans de prison. - il fut innocenté le 10 août 2005. - Les tests d'ADN, qui auraient pu le disculper n'ont été faits que cinq ans plus tard.
    C'est le Dr Sylvain Faucher - dans un rapport présentenciel - qui avait qualifié Simon Marshall de violeur et de voyeur dans son évaluation psychiatrique du jeune homme de Québec.
    à propos de l'affaire Marshall

    «
    Vous avez diagnostiqué une paraphilieLa paraphilie est un comportement sexuel peu fréquent utilisé par la personne pour récolter un plaisir sexuel ou une gratification sexuelle. de violeur chez quelqu’un qui n’était pas coupable.


    Vous auriez pu, en lui posant des questions de psychiatre, découvrir qu'il s'était reconnu coupable pour des crimes qu'il n'avait pas commis.
    »
    Me Pierre Poupart


    «
    Au stade du rapport présentenciel, on part du fait qu’il a été déclaré coupable.


    Simon Marshall s'était lui-même incriminé durant l'enquête policière et il avait fait de même devant la cour.
    Je suis psychiatre, pas enquêteur de police. Il peut arriver que des choses nous échappent. C'est regrettable, mais je m'étais basé sur des éléments factuels.
    Ce n'était pas à moi de refaire l'enquête ou le procès.
    »
    Dr Sylvain Faucher


    l'évaluation de Guy Turcotte

    «
    Dans votre diagnostic vous concluez que lorsque Guy Turcotte a poignardé à mort ses enfants il était orienté dans le temps et l’espace et qu’il avait préparé son coup.


    Se pourrait-il que votre opinion clinique soit erronée?
    »
    Me Pierre Poupart


    «
    La psychiatrie n’est pas une science exacte. C’est une science de probabilités.


    En psychiatrie il n'y a rien de garantie à 100%. Il s’agit de mon opinion.
    Mais ce sera à la cour et au jury de déterminer la responsabilité criminelle de M. Turcotte.
    »
    Dr Sylvain Faucher



    Le procès a été ajourné à midi parce qu’un juré était indisposé à cause d’une intoxication alimentaire.
    -

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  • - vendredi 10 juin 2011 - 36e jour -
    - témoignage du Dr Sylvain Faucher
    - psychiatre de l’hôpital psychiatrique Robert Giffard de Québec
    - témoin de la couronne -
    - contre interrogatoire - troisième partie -


    Me Pierre Poupart a tenté à nouveau de miner la crédibilité du psychiatre Sylvain Faucher en ramenant sur le tapis l'affaire Dany Robert.
    Au printemps dernier, la Cour d'appel du Québec a cassé le verdict de culpabilité prononcé en 2009 à l'endroit de Dany Robert, pour avoir causé la mort de son grand-père, à Ville-Marie en Abitibi.
    le jugement de la Cour d'appel du Québec dans la cause de Dany Robert
    La Cour d’appel du Québec avait rendu un jugement important relativement au rôle des experts devant les tribunaux.
    Ils sont là pour donner une opinion scientifique, et non pour interpréter les faits ou la preuve. Encore moins le droit.
    C’est donc à l’unanimité que la Cour d’appel avait annulé une condamnation et avait ordonné un nouveau procès pour Dany Robert.
    La Cour avait estimé que le psychiatre Sylvain Faucher avait outrepassé son mandat en invitant le jury à ne pas croire l’accusé - en extirpant des interprétations des faits de la preuve dans son analyse de l'état mental de l'accusé - alors que c’est strictement le rôle du jury d’ajouter foi aux témoignages entendus, ou pas.

    « J'ai agi en toute bonne foi et dans les limites de mon travail. »
    Dr Sylvain Faucher

    un reproche
    « Lorsque vous avez évalué Guy Turcotte - en avril 2011 - vous avez conduit l'entrevue en vous basant sur le rapport de la psychiatre de la défense - Dominique Bourget. Ce n'est pas la normalité d'agir ainsi. »
    Me Pierre Poupart
    «J'accepte votre reproche. »
    Dr Sylvain Faucher
    Malade en maudit!

    «
    Quand un être humain qui aime ses enfants les tue pour leur bien, ça ne doit pas bien aller entre ses deux oreilles.


    Si on suit votre raisonnement Guy Turcotte devait être malade en maudit pour tuer ses enfants en pensant leur rendre services.
    »
    Me Pierre Poupart


    «
    Peut-être qu'il a fait une erreur de jugement, mais des erreurs on peut en faire sans avoir de maladie psychiatrique. Si par contre on souffre d’un trouble psychiatrique grave, le risque d’erreur ou d’absence de jugement est plus grand.
    »
    Dr Sylvain Faucher


    à propos de la normalité et de la raisonnabilité

    «
    Un homme qui tue ses enfants est-il une personne normale et raisonnable?
    »
    Me Pierre Poupart


    «
    Une personne moins raisonnable, proche de la déraison et plutôt non fonctionnelle.
    »
    Dr Sylvain Faucher

    une question de grenades
    « C'est une manière de dégoupiller les questions. »
    Me Pierre Poupart
    « Vous me lancez des grenades. »
    Dr Sylvain Faucher

    le dernier témoignage du procès
    Lorsque le Dr Sylvain Faucher a terminé son témoignage, la procureure de la couronne Me Claudia Carbonneau a annoncé qu’elle en avait fini avec sa contre-preuve. Ce qui met fin à la partie témoignage du procès.
    la préparation des plaidoiries
    La semaine prochaine - 13 au 17 juin 2011 - sera consacrée à la préparation des plaidoiries qui débuteront le lundi 20 juin par celles de la défense. - Me Pierre Poupart et Me Guy Poupart - ensuite suivront celles de la Couronne Me Claudia Carbonneau et Me Marie-Nathalie Tremblay
    les directives du juge Marc David
    Le mardi 28 juin 2011 le juge Marc David donnera ses directives au jury avant de les envoyer en délibérations.
    Le jury sera séquestré pendant qu'il délibérera.
    -

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    Dixième semaine du procès de Guy Turcotte

  • - lundi 20 juin 2011 - 37e jour -
    - la plaidoirie de la défense -
    - - Me Pierre Poupart -
    - première partie -


    Début des plaidoiries de la défense
    Me Pierre Poupart - qui représente la défense - plaide en premier parce que l'accusé Guy Turcotte a présenté une défense à son propre procès
    mise en garde au jury
    • - Vous devez vous prémunir contre le règne terrifiant du lynchage public et avoir toujours en tête l'importance capitale de la présomption d'innocence dont jouit tout accusé dans une cour de justice.
    • - C'est le seul rempart qui protège un accusé jusqu'à ce que l'État soit parvenu à établir sa culpabilité, hors de tout doute raisonnable.
    • - Vous devez aussi vous prémunir contre une haine aveugle, irrationnelle, absurde mais néanmoins omniprésente à laquelle vous n'avez pas pu échapper à moins de vous être enfermés tels des chartreux au fond d'une caverne située au sommet d'une montagne.
    • - Vous aurez besoin de toute votre intelligence pour en arriver au verdict le plus parfait possible. Il vous sera radicalement impossible de décider de cette affaire en quelques heures.

    Me Pierre Poupart


    rappel de l'article 16 au jury ;
    Toute ma défense à été présentée dans le but de soutenir une défense de non-responsabilité criminelle pour cause de troubles mentaux.
    « article 16 du code criminel » Une personne atteinte de troubles mentaux qui l'empêchent de juger de la nature et de la qualité de ses actes ne peut être déclarée coupable d'un crime.

    Me Pierre Poupart


    à propos de l'acte d'accusations
      Guy Turcotte a admis les deux premiers éléments de l'acte d'accusation soit :
    • - avoir causé la mort de ses enfants
    • - avoir commis un acte illégal
        Mais il n'admet pas les deux autres éléments de cette infraction qui sont :
      • - avoir formé l'intention requise
      • - avoir commis l'acte avec préméditation

    Me Pierre Poupart


    les grandes lignes de la défense ;
    • - Le soir du 20 février 2009 - Guy Turcotte était un homme malade et en dépression. Il était dans un état tel qu'il était incapable de faire un choix rationnel. Ce n'était sûrement pas pour se venger de sa conjointe Isabelle Gaston.
    • - Guy Turcotte aimait ses enfants. J'aimerais que cette évidence ne vous quitte jamais dans vos réflexions. Quand on tue la chair de sa chair est-on normal?
    • - La question ce n'est pas de se demander si il était capable de distinguer le bien du mal mais plutôt était-il capable - - compte tenu de sa détresse - - de juger de la nature et de la gravité de ses gestes qu'il a posé le 20 février 2009.
    • - Seule la maladie mentale de Guy Turcotte peut expliquer qu'il a tué les êtres qui comptaient le plus pour lui. Lorsque Guy Turcotte a tué ses enfants il était sous le coup d'une crise suicidaire aiguë.
    • - Guy Turcotte a été sauvé par sa mère et sans cette intervention de sa part - le 21 février 2009 au matin - Guy Turcotte serait mort. Ce n'est pas un faux scénario de suicide.
    • - Le jour avant les meurtres, Guy Turcotte est allé à la pharmacie pour acheter des médicaments contre l'asthme et l'eczéma pour son fils Olivier. Ce n'est pas compatible avec une assassinat prémédité.
    • - Le jury doit retenir la thèse de la défense qui est d'un élémentaire à faire hurler

    Me Pierre Poupart


    -

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  • - mardi 21 juin 2011 - 38e jour -
    - la plaidoirie de la défense -
    - - Me Pierre Poupart -
    - deuxième partie -


    un acte épouvantable

    Me Pierre Poupart a expliqué le meurtre des enfants en mentionnant que c'était un acte épouvantable. Que ce genre de crime ça ne pouvait pas être la signature d’un homme rationnel, normal, qui n’avait jamais manifesté de violence à l’égard de ses enfants.

    retour sur le témoignage du pathologiste André Bourgault
    Les enfants avaient été poignardés à de multiples reprises - Olivier 27 fois et Anne-Sophie 19 fois - Olivier avait des plaies de défense et Anne-Sophie avait des cheveux arrachés.
    Quand une personne comme Guy Turcotte se livre à des gestes comme ça, ce sont des signes évidents de la maladie mentale qui l'empêchait de juger de ses gestes.
    Pour le Dr Sylvain Faucher le modus operanti des meurtres était le résultat d'un sadique et d'un homme en colère.
    Je propose de considérer le témoignage du Dr Sylvain Faucher comme non avenue.

    Me Pierre Poupart


    ☑ Après ce rappel des meurtres - c'en était trop pour Isabelle Gaston qui est sorti avec fracas et en pleurs de la salle d’audience - il était environ 11h30 -
    le juge Marc David ordonne une pause
    Le juge Marc David a alors ordonné une pause pour s’entretenir avec les procureurs, avant de s’adresser au jury.
    Ce procès concerne un drame humain. Dans une certaine mesure, les pleurs émotifs sont compréhensibles. Par contre le comportement ne doit pas enlever la sérénité du procès. Je vous demande de vous créer un bouclier impénétrable face à l'indépendance et l'impartialité fondamentales à vos fonctions

    le juge Marc David


    Guy Turcotte n'est pas un tueur de sang-froid
    Dans les heures suivant le drame, l'accusé ne cessait de s'excuser de ce qu'il avait fait aux enfants.
    Lors de son arrivée à l'hôpital de Saint-Jérôme Guy Turcotte a donné son nom comme Isabelle Gaston ( - même si le personnel l'avait reconnu - ) il a menti sur ce qu'il avait absorbé.
    Il disait que ce qu'il avait fait à ses enfants était dégueulasse.
    Un tueur de sang-froid - une personne qui veut se venger - ne s'exprime pas ainsi.
    Il était désespéré de ne pas être mort. Pour le reste de sa vie il sera hanté d'avoir survécu à la mort de ses enfants.

    Me Pierre Poupart


    le lave-glace calé avant les meurtres
    Lorsque les enquêteurs ont analysé la scène de crime, ils ont trouvé dans la chambre des maîtres - sur une table de chevet - un bouchon non souillé de sang et qui était compatible avec la bouteille de lave-glace tâchée de sang trouvée dans la salle de bain.
    Il y a aussi l'absence de sang sur les téléphones de la maison de Piedmont, cela indique qu'il n'avait pas tué les victimes avant d'appeler sa mère vers 20h30.
    Pour Me Pierre Poupart cela prouve que Guy Turcotte a bu du lave-glace avant de tuer ses enfants.
    impossible de préciser l'heure des meurtres
    • - l'ordinateur a été ouvert vers 18h20 et le dernier document internet a été affiché à 20h09
    • - à 20h27 - il a laissé un message - de 20 secondes - sur le répondeur de son agent d'immeuble
    • - il a ensuite appelé la voisine - qui devait garder les enfants le lendemain - pour annuler
    • - quelques minutes plus tard - il a téléphoné à sa mère et s'est entretenu avec elle jusqu'à 21h40 - Madame Fournier a témoigné qu'à la fin de la conversation elle a regardé sa montre (21h40) -
    • - ce qui s'est passé après ne peut être chronologiquement vérifié
    • - les policiers ont trouvé les enfants morts le lendemain matin vers 11h20

    -

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  • - mercredi 22 juin 2011 - 39e jour -
    - la plaidoirie de la défense -
    - - Me Pierre Poupart -
    - troisième partie -


    Isabelle Gaston était présente en ce troisième jour des plaidoiries de la défense
    l'histoire d'une relation manquée
    Dans sa relation avec Isabelle Gaston - Guy Turcotte a vécu une longue décente au enfer. Son histoire est celle de l'effritement du mariage d'un cardiologue respecté qui l'a mené progressivement vers la folie. Il est passé de la colère, à l'anxiété, à la détresse et finalement à la dépression.
    Jusqu'au soir du drame, Guy Turcotte avait assumé entièrement ses responsabilités envers sa femme, ses enfants et sa carrière de cardiologue. Guy Turcotte était un homme qui ne pouvait pas se laisser aller et le soir fatidique il avait atteint ses limites.
    Lorsqu'il apprend que son épouse va demander le divorce tout son monde venait de s'écrouler.
    la responsabitité de Guy Turcotte
    Guy Turcotte n'est pas responsable. Le passé d'un être humain aide à comprendre ce qui semble aberrant et incompréhensible à première vue. C'est une réalité médicale que quelqu'un puisse tuer ses enfants sans en avoir l'intention.
    la journée du drame
    Guy Turcotte était en colère. Il était en colère contre Isabelle Gaston qui avait consulté un avocat pour demander un divorce et qui en plus avait fait changer les serrures de la maison.
    le soir du 20 février 2009
    Il a cherché sur Internet des moyens pour se suicider et il a choisi comme moyen le lave-glace et en a ingurgité plusieurs verres.
    Assis sur son lit dans l'attente que le liquide le conduise vers la mort. Il a commencé à s'imaginer qu'il était mort et dans sa détresse il s'est dit qu'il ne voulait pas que ses enfants le trouve mort. « Je vais les emmener avec moi. »
    la raison du pourquoi
    Nous savons que Guy Turcotte a tué ses deux enfants et de ses propres mots qu'il voulait les emmener avec lui dans son projet suicidaire.
    Par contre nous ne savons pas pourquoi?
    Le pourquoi est l'essence même de ce procès. Parce que dans le pourquoi nous pouvons trouver la réponse. Il était atteint de maladie mentale et il ne savait ce qu'il faisait lorsqu'il a tué ses enfants.
    Guy Turcotte est OUT
    Guy Turcotte était out lorsqu'il a tué ses enfants et lorsqu'il témoigne qu'il a continué a poignarder son fils - malgré ses supplications - c'était un père malade qui agissait.
    préméditation des meurtres
    Beaucoup d'indices qui ont été démontrés durant le procès prouve que Guy Turcotte n'a pu préméditer les meurtres de ses enfants.
    Guy Turcotte malade mental
    Guy Turcotte n'est pas en faute c'est la maladie mentale qui l'empêchait de réaliser ce qu'il faisait. S'il vous plait ne tombez pas dans le piège de la simplification.
    le PsY Sylvain Faucher est une aberration
    Croire le psychiatre Sylvain Faucher qui nous dit que Guy Turcotte a agi par représailles envers son ex-conjointe - Isabelle Gaston - et que la violence excessive utilisée ( - 46 plaies par arme blanche - ) pouvait s'expliquer par la peur de rater son coup. Cela relève de l'aberration. Pas beaucoup d'êtres humains trouvent grâce aux yeux du Dr Faucher.
    Même Isabelle Gaston n'y croyait pas
    Personne ne pouvait s'imaginer qu'il pourrait faire du mal à ses enfants. Même pas sa femme. Ça doit vouloir dire quelque chose.
      En fin de journée - le juge Marc David a annoncé au jury qu'il allait ouvrir quatre possibilités de verdict pour fixer le sort de M. Turcotte ;
    • - meurtre prémédité

    • - meurtre non prémédité

    • - non-responsabilité criminelle en raison de troubles mentaux

    • - homicide involontaire


    Le juge Marc David a aussi annoncé que l'horaire du procès avait été réaménagé.
    Me Pierre Poupart continuera de plaider jeudi - 23 juin 2011
    il y aura relâche pour la Saint-Jean Baptiste - 24 juin 2011
    il y aura relâche lundi et mardi prochains en raison d'empêchements de membres du jury - 27 et 28 juin 2011
    mercredi prochain ce sera au tour de la Couronne de plaider - 29 juin 2011
    le juge Marc David donnera ensuite ses directives au jury ce qui devrait se faire jeudi - 30 juin 2011 à moins d'autres changements.
    -

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  • - jeudi 23 juin 2011 - 40e jour -
    - la plaidoirie de la défense -
    - - Me Pierre Poupart -
    - quatrième partie -


    Me Pierre Poupart passe en revue les évaluations que les psychiatres de la défense et de la couronne ont réalisé au sujet de Guy Turcotte
      Pour Me Poupart celles de la défense - les drs Dominique Bourget et Roch-Hugo Bouchard - sont fiables et de qualité

      tandis que celle réalisée par le psychiatre de la Couronne ne l'est pas.

    témoignage de la psychiatre Dominique Bourget
    - témoin de la défense -
    résumé de l'évaluation psychiatrique de Guy Turcotte

    Il a un bon jugement et une très basse estime de lui-même.
    Guy Turcotte souffre de trouble d'adaptation avec anxiété et humeur dépressive.
    La version de Guy Turcotte se tient et elle est restée la même au procès que celle qu'il m'avait raconté il y a un an à la prison de Rivière-des-Prairies.
    Les problèmes conjugaux de Guy Turcotte ont provoqué chez lui une dépression sévère.
    Quand Guy Turcotte a décidé d’amener ses enfants avec lui dans la mort en les poignardant à plusieurs reprises, il souffrait d’une maladie mentale majeure le rendant incapable de s’adapter au stress engendré par l’éclatement de sa famille.
    On peut conclure que son cerveau ne fonctionnait pas de façon normale et rationnelle quand il a pris la décision de tuer ses enfants.
    Guy Turcotte devrait être déclaré non criminellement responsable du meurtre de ses deux enfants.

    Dre Dominique Bourget





    Le psychiatre Roch Hugo Bouchard
    - témoin de la défense -
    résumé de l'évaluation psychiatrique de Guy Turcotte

    Le soir du 20 février 2009 - Guy Turcotte a estimé qu'il avait été remplacé en tant que père, mari et ami. L'accumulation de tous ces échecs ont fait qu'il avait atteint son paroxisme.
    Je suis d'avis que le 20 février 2009, M. Turcotte souffrait d'un trouble mental dont l'intensité et la sévérité l'ont rendu incapable de juger de la nature de ses actes et de savoir qu'ils étaient mauvais.
    Guy Turcotte avait tous les symptômes de la dépression
    Lorsqu'il a poignardé à mort ses enfants Guy Turcotte n'a pu se comporter autrement en raison de son état dépressif et de son désir de mourir.
    Deux ans après les meurtres Guy Turcotte est encore déprimé - mais il n'a plus d'idées suicidaires.
    Ses traitements aux antidépresseurs ont amélioré son état, mais ne l'ont pas guéri.
    J'ai évalué Guy Turcotte en fonction d’une des échelles utilisées en psychiatrie - la MADRS
    ( - Montgomery and Asberg Depression Rating Scale - )
    Le résultat de Guy Turcotte a été de 42 sur 60
    Avec cette échelle, quand on atteint 30, on considère que c’est une dépression sévère.
    Je ne crois pas du tout à l'hypothèse voulant que l'accusé ait tué ses enfants pour se venger de son ex-conjointe Isabelle Gaston et ait ensuite décidé de se suicider pour échapper aux conséquences légales et morales du meurtre de ses enfants.

    Dr Roch-Hugo Bouchard





    Le psychiatre Sylvain Faucher
    - témoin de la couronne -
    résumé de l'évaluation psychiatrique de Guy Turcotte

    Malgré le chaos phychologique que Guy Turcotte subissait la nuit où il poignardé ses deux enfants - il savait très bien ce qu'il faisait ce soir là.
    Il s'est perçu comme la victime de son ex-conjointe et il a sacrifié ses enfants sur l’autel de sa colère contre Isabelle Gaston. Son geste était désespéré mais délibéré et il doit être tenu responsable.
    Même s'il ne sait pas pourquoi - il savait ce qu'il faisait. Que ce soit fait par altruisme - par colère - ou les deux ensemble - ou pour d'autres raisons, il était au courant de ce qu'il faisait.
    Je suis d'accord avec les deux experts psychiatres qui ont témoigné pour la défense et qui ont conclu que Guy Turcotte souffrait d'un trouble d'adaptation après la rupture de son mariage turbulent.
    Mais contrairement à eux je ne crois pas que le trouble mental dont il souffrait a détraqué son cerveau au point de l'empêcher de pouvoir faire la différence entre le bien et le mal.

    Dr Sylvain Faucher





      la crédibilité du Dr Sylvain Faucher selon Me Pierre Poupart
    • - Sylvain Faucher a commis une erreur sur son CV au sujet d'une conférence - il avait révisé le travail de la personne qui avait fait la conférence, mais n'avait pas donné la conférence lui-même -
        les affaires criminelles ou le Dr Sylvain Faucher a été impliqué.
      • - L'affaire Cathie Gauthier ( - une des rares fois ou le phychiatre a témoigné dans un cas d'infanticides - )
      • - L'affaire Marshall ( - Sylvain Faucher avait diagnostiqué une paraphilie de violeur chez quelqu’un qui n’était pas coupable - )
      • - L'affaire Dany Robert ( - la Cour avait estimé que le psychiatre Sylvain Faucher avait outrepassé son mandat en invitant le jury à ne pas croire l’accusé ce qui avait conduit à un nouveau procès pour l'accusé - )
      • - L'affaire Guy Turcotte ( - le Dr Faucher a conduit l'entrevue en se basant sur le rapport de la psychiatre de la défense - Dominique Bourget - ce qui n'est pas la norme d'agir ainsi - )

    fin de la plaidoirie
  • - vers 15h00 - Me Pierre Poupart a avisé la cour que sa plaidoirie était terminé
  • - il a demandé au jury de faire leur travail et à rendre justice
  • - pour Me Pierre Poupart - la justice serait de déclarer Guy Turcotte non criminellement responsable en raison de troubles mentaux
  • - Le procès fait relâche et reprendra mercredi le 29 juin 2011 - avec la plaidoirie de la Couronne Me Claudia Carbonneau -

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  • - mercredi 29 juin 2011 - 41e jour -
    - la plaidoirie de la couronne -
    - - Me Claudia Carbonneau -


    Me Claudia Carbonneau a avisé les jurés qu'ils fallaient absolument qu'il mettent de côté leurs préjugés. - Ce n'est pas seulement des hommes violents qui commettent des gestes violents.
    Ce n'est pas parce que les gestes du Dr Turcotte semblent illogiques pour une personne raisonnable qu'il faut en déduire que lorsqu'il a commis ce crime il était malade.
      Posez-vous les questions suivantes ;
    • - À quel moment a t-il ingurgité du méthanol?
    • - Quel était son niveau de conscience réelle?

    la cohérence ;
    Les gestes et les propos cohérents du Dr Turcotte sont plus nombreux que ceux qui n'étaient pas cohérents ce qui démontre que l'argument de la défense ne tient pas la route.
    Guy Turcotte était consciemment orienté dans les trois sphères suivantes
    1. - sur les lieux du crime
    2. - dans l'ambulance
    3. - à l'hôpital Hôtel-Dieu de Saint-Jérôme

    à ces trois endroits il a verbalisé différentes choses comme :
    • - Je sais ce que j'ai fait.
    • - J'ai tué mes enfants.
    • - C'est arrivé hier à huit heures.

    Guy Turcotte reconnaissait ses collègues à l'hôpital et il a même donné de mémoire des numéros de téléphone pour trois personnes à rejoindre :
    1. - un de ses frères
    2. - sa mère
    3. - Luc Tanguay - son coach de vie -

    - Il fallait qu'il se souvienne, il n'était pas décroché de son environnement. Il était capable de réfléchir, de se souvenir. -
    Rappelez-vous les appels téléphoniques placés par Guy Turcotte peu avant 20h30 le 20 février 2009
    - après qu’il eut pris connaissance de 27 courriels échangés entre Isabelle Gaston et son nouvel amoureux Martin Huot -
      Deux appels d'une trentaine de secondes chaque sur un ton relativement normal
    1. - il a appelé son courtier immobilier Martin Nolet pour annuler son rendez-vous du lendemain - - il devait assister le lendemain à l’inspection de la maison qu’il projetait d’acheter -


    2. - et quelques instants plus tard, il téléphonait à Johanne Leclerc, qui devait garder Olivier et Anne-Sophie pendant cette visite, pour annuler la garde des enfants.
    - Il faut quand même qu’il ait pensé à ses activités du lendemain - la gardienne était réservée depuis 10 jours! -
    Le récit qu'il a donné du double meurtre concorde parfaitement avec les témoignages des pathologistes et biologistes judiciaires.
    Guy Turcotte avait un taux de méthanol de 310 milligrammes par 100 millilitres de sang. Ce qui est très élevé et qui devait l’être encore bien plus au moment des crimes.
    Ce taux de méthanol aurait donc dû plonger Guy Turcotte dans un état d’ébriété important au moment ou il a tué ses enfants.
    Y avait-il des coups de couteau dans les matelas ?
    Il a atteint sa cible à chaque fois. Peut-on vraiment avoir un doute sur l'intention véritable de l'accusé quand il les poignarde à autant de reprises?
    -

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  • - mercredi 29 juin 2011 - 41e jour -
    - directives du juge Marc David au jury -

    - première et deuxième partie -
    Le jury devra faire l'unanimité en choisissant parmi quatre verdicts possibles.
    L'accusé a admis avoir tué ses enfants il ne peut être acquitté.
    Le juge Marc David a énumèré les 4 verdicts possibles aux jurés
    1. - meurtre avec préméditation
      Selon la couronne - Guy Turcotte était en colère et il a agi en toute connaissance de cause pour se venger de son ex-conjointe.
      Le juge Marc David a rappelé aux jurés que pour déclarer Guy Turcotte coupable de meurtre prémédité - qui l'enverrait au pénitencier à perpétuité sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans - la couronne devait les avoir convaincus hors de tout doute raisonnable qu’il avait prémédité les crimes et qu'il était conscient de ses actes.



    2. - meurtre sans préméditation
      Si les jurés concluent que Guy Turcotte n'était pas assez troublé mentalement pour ne pas avoir l'intention de tuer - ils peuvent néanmoins évaluer que l'accusé n'a pas pu planifier les crimes. Ils devraient alors le déclarer coupable de meurtre non prémédité.

    3. - non criminellement responsable pour cause de troubles mentaux
      Selon la défense - Guy Turcotte ne pouvait pas formuler l'intention criminelle de commettre ces meurtres en raison des effets combinés de sa maladie mentale ( - trouble d'adaptation avec anxiété et humeur dépressive - ) de sa crise suicidaire déclenchée par sa séparation avec son ex-conjointe et de son intoxication au méthanol.
      Le juge a rappelé que tous les psychiatres entendus - ceux de la défense - Dominique Bourget et Roch-Hugo Bouchard - comme celui de la Couronne Sylvain Faucher - conviennent que Guy Turcotte souffrait d’un trouble d’adaptation avec humeur dépressive et anxiété.
      Là ou les psychiatres experts sont en désaccord c'est sur l'état d'esprit de l'accusé au moment des gestes reprochés.
      Votre rôle est de déterminer si ce trouble mental a rendu Guy Turcotte incapable de juger de la nature et de la qualité de ses actes, et si les actes en question étaient mauvais.


    4. - homicide involontaire coupable
      Selon le juge David - si le jury considère que le trouble mental dont souffrait Guy Turcotte ne rencontre pas les critères pouvant mener au verdict de non criminellement responsable pour cause de troubles mentaux - mais que cet état d’esprit cause un doute raisonnable quant à la culpabilité de Guy Turcotte à l’accusation de meurtre. Le jury doit pencher vers l'homicide involontaire coupable.

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Sondage yvesisabelle.com
Le 5 juillet 2011 Guy Turcotte fut reconnu - par un jury composé de 11 jurés - non criminellement responsable pour cause de troubles mentaux.
Le sondage ci-dessous reflète l'opinion des personnes qui ont voté sur ce site entre le 30 juin et le 5 juillet 2011

Calendrier des délibérations du jury
JUILLET 2011
D L M M J V S




30
1
2
3
4
5




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